La grippe équine se propage par la toux, d’un cheval à l’autre, et peut mettre une écurie entière au repos en quelques jours. La rhinopneumonie lui ressemble au début et réserve parfois de plus mauvaises surprises. À l’automne, quand les chevaux rentrent au box et que les concours de fin de saison se multiplient, ces deux maladies méritent qu’on s’y arrête.
Deux maladies respiratoires qui se ressemblent
La grippe équine est causée par un virus influenza. Elle est très contagieuse : les gouttelettes émises à chaque toux flottent dans l’air d’une écurie fermée, et le virus passe aussi par les mains, les seaux et le matériel. L’incubation est courte, quelques jours au plus.
La rhinopneumonie vient d’un herpèsvirus. Elle donne des signes respiratoires proches, mais elle peut aussi provoquer des avortements chez la jument en fin de gestation et, plus rarement, des atteintes nerveuses graves. Le virus reste silencieux chez beaucoup de chevaux, et un stress comme un transport, un concours ou un changement de lot peut le réveiller. Un cheval en apparence sain peut donc contaminer ses voisins.
Dans les deux cas, un cheval malade passe plusieurs semaines sans sorties ni concours. Les pertes de temps se comptent vite.
Les signes qui doivent alerter
- de la fièvre, souvent le premier signe, parfois très élevée ;
- une toux sèche et rauque qui s’enchaîne ;
- un écoulement des naseaux, clair puis plus épais ;
- un cheval abattu, qui mange moins ;
- des ganglions gonflés sous la ganache.
Ces signes ne permettent pas à eux seuls de distinguer la grippe de la rhinopneumonie, de la gourme ou d’une simple toux d’écurie. Un prélèvement dans le nez, réalisé par le vétérinaire, identifie le virus en cause.
Prendre la température chaque jour
Le thermomètre reste l’outil le plus simple pour détecter tôt une infection. La température d’un cheval adulte au repos tourne autour de 37,5 à 38,5 °C. Au-delà de 38,5 °C, ou quand elle grimpe nettement par rapport à la normale de votre cheval, appelez le vétérinaire. Utilisez un thermomètre électronique, par voie rectale, avec un peu de lubrifiant, en vous plaçant sur le côté du cheval. Quand un cheval tousse dans l’écurie, mesurez la température de tous ses voisins matin et soir pendant quelques jours.
Isoler sans attendre
Un cheval qui tousse et fait de la fièvre s’isole tout de suite, sans attendre le résultat des analyses.
- Installez-le dans un box à l’écart, loin des autres, si possible sous un autre toit.
- Donnez-lui son propre matériel : seaux, licol, brosses, fourche. Rien ne circule d’un box à l’autre.
- Soignez-le en dernier, changez de vêtements ou enfilez une blouse, lavez-vous les mains et les bras.
- Désinfectez ce qui a servi, et aérez sans créer de courant d’air.
- Prévenez le club, la pension, les cavaliers du même bâtiment et ceux qui devaient partir en concours avec lui.
- Gardez-le isolé jusqu’à l’accord du vétérinaire.
Ce que fait la vaccination
Le vaccin contre la grippe réduit le risque de forme grave et limite la diffusion du virus dans l’écurie. Il ne garantit pas une protection totale : un cheval vacciné peut tomber malade, en général de façon plus légère. Beaucoup de pensions, de clubs et de concours exigent un carnet à jour. Contre la rhinopneumonie, des vaccins existent aussi, mais ils ne protègent pas de façon certaine contre les formes nerveuses.
Le schéma exact, avec la primovaccination et les rappels, dépend du vaccin et de la discipline, et c’est le vétérinaire qui le fixe. Notre article sur le carnet de vaccination du cheval explique comment le tenir à jour, et le rôle du praticien est détaillé dans cet article sur le vétérinaire.
Après la maladie
Un cheval qui a fait de la fièvre doit se reposer complètement, et la reprise du travail se fait lentement, parce que les voies respiratoires mettent du temps à cicatriser. Un retour trop rapide expose aux rechutes et à une toux qui s’installe. Notre page sur les maladies respiratoires du cheval couvre les complications possibles.
Une écurie bien ventilée, une litière propre et un foin sans poussière font reculer les risques de toux. Voir aussi comment renforcer les défenses immunitaires du cheval en hiver, et la préparation de l’écurie pour l’hiver. Si vous transportez souvent votre cheval, relisez nos conseils pour le transport en van.
Questions fréquentes
La grippe équine se transmet-elle à l’homme ?
Non, pas dans les conditions habituelles. En revanche, vous pouvez porter le virus d’un cheval à l’autre sur vos mains et vos vêtements, d’où l’importance de se laver et de se changer.
Combien de temps un cheval reste-t-il contagieux ?
Plusieurs jours après les premiers signes, parfois plus longtemps. Le vétérinaire fixe la durée d’isolement selon la maladie et les résultats des analyses.
Peut-on sortir un cheval vacciné quand un voisin est malade ?
Mieux vaut éviter concours et regroupements tant qu’un cas est identifié dans l’écurie. Un cheval vacciné peut malgré tout héberger le virus et le transmettre.
