You are currently viewing Tendinite du cheval : signes, soins et reprise

On rentre de la séance, on dessangle le cheval, et l’on remarque qu’un membre antérieur paraît plus ferme, plus chaud que l’autre. Le cheval ne boite peut-être même pas. C’est le scénario classique de la tendinite, une blessure qui commence souvent par un détail et qui demande de réagir vite. Mal soignée, elle revient. Bien gérée, elle laisse au cheval une vraie chance de retravailler.

Ce que l’on appelle tendinite

Le tendon relie le muscle à l’os. Chez le cheval, ceux qui passent à l’arrière du canon, sous la peau, travaillent comme des ressorts à chaque foulée. Sous l’effort, les fibres peuvent se déchirer en partie, ce qui provoque une inflammation. On parle de tendinite pour cette lésion, et le tendon le plus souvent touché est le fléchisseur superficiel du doigt, sur les membres antérieurs. Le ligament suspenseur du boulet, juste derrière, peut aussi s’enflammer : on parle alors de désmite, et seul le vétérinaire fait la différence.

Ce qui l’a provoquée

Il y a rarement une seule cause. La fatigue arrive en tête : un cheval qui travaille encore alors que ses muscles lâchent demande trop à ses tendons. Un sol trop dur, trop profond ou irrégulier joue aussi, de même qu’un effort trop brusque après une pause, un saut mal abordé ou un faux pas. Les pieds ont leur part : une longueur de pince mal équilibrée ou un parage trop espacé modifie la manière dont le tendon est sollicité. Notre article sur le parage explique ce lien. L’âge compte enfin, car un tendon perd de sa souplesse avec les années.

Les signes qui doivent vous alerter

Le premier signe, c’est la chaleur. Passez la main de haut en bas sur l’arrière du canon, comparez avec l’autre membre. Une tuméfaction se forme ensuite, parfois en forme de banane quand le tendon se courbe. La palpation du tendon fait réagir le cheval. La boiterie va de l’absence totale à une claudication nette, et son importance ne reflète pas toujours la gravité de la lésion. C’est ce qui rend la tendinite trompeuse : un cheval qui marche presque normalement peut avoir un tendon sérieusement atteint.

Quand vous constatez une chaleur ou un gonflement, arrêtez le travail tout de suite, même si le cheval ne boite pas. Mettez-le au repos au box ou dans un petit enclos et appelez le vétérinaire. Continuer « pour voir » est la meilleure façon d’aggraver la lésion.

Ce que fait le vétérinaire

L’examen repose surtout sur l’échographie, qui montre l’état des fibres et la taille de la lésion. Elle sert de repère de départ et de point de comparaison pour la suite. Le praticien prescrit ensuite un traitement adapté, en général du repos strict au début, du froid sur le membre et des anti-inflammatoires. Il peut y ajouter des bandages, des injections ou d’autres soins selon la gravité. Je ne détaillerai pas de protocole, parce qu’il dépend de chaque cas. Le rôle du praticien dans le suivi est expliqué dans notre article sur le vétérinaire du cheval.

Certains propriétaires utilisent des cataplasmes d’argile ou des douches froides pour soulager le membre. Les douches fraîches font du bien, nos conseils sur la douche des membres en donnent le principe, mais ces gestes accompagnent le traitement sans le remplacer. Ne massez jamais un tendon blessé : cela peut aggraver la déchirure.

La convalescence demande de la patience

Un tendon cicatrise lentement, parce qu’il est peu irrigué. Il faut compter plusieurs mois, souvent davantage pour les lésions importantes, et le vétérinaire refait des échographies pour juger de l’avancée. La reprise est progressive : d’abord des promenades au pas à la main, dont on allonge la durée petit à petit, puis le pas monté, et le trot bien plus tard. Un programme trop pressé est la cause la plus fréquente de rechute.

Le tendon qui guérit forme un tissu de cicatrice moins élastique que l’original. Le cheval peut retravailler, mais le risque de récidive existe, d’où l’intérêt d’adapter ensuite la charge de travail. Le détail de la récupération entre les séances est abordé dans notre article sur la récupération du cheval de sport.

Réduire le risque

Ces habitudes aident : un échauffement sérieux, un sol régulier, un travail qui monte en charge sans excès, des pieds bien suivis, et des jours de repos. Les guêtres protègent des chocs, mais elles ne soutiennent pas le tendon comme on le croit parfois. La meilleure prévention reste de lire son cheval, de vérifier ses membres après chaque séance et de s’arrêter à la première chaleur suspecte.

Questions fréquentes

Une tendinite peut-elle exister sans boiterie ? Oui. C’est même fréquent au début, et c’est pourquoi la chaleur et le gonflement comptent plus que la démarche.

Combien de temps dure la guérison ? Plusieurs mois au minimum, parfois beaucoup plus selon l’importance de la lésion. Le vétérinaire définit le calendrier à partir des échographies de contrôle.

Peut-on mettre le cheval au pré pendant le repos ? Pas librement au début. Un cheval qui gambade sollicite son tendon, donc on privilégie le box ou un tout petit enclos, sauf avis contraire du vétérinaire.

Le cheval pourra-t-il reprendre le saut ou la compétition ? Cela dépend de la gravité de la lésion, de la qualité de la cicatrisation et de la discipline. Beaucoup de chevaux reprennent un travail normal, mais le risque de rechute est réel.

L’argile suffit-elle à soigner ? Non. Elle apaise, elle ne soigne pas une déchirure du tendon, qui demande un diagnostic et un suivi vétérinaire.

Quelle est la différence avec une désmite ? La tendinite touche le tendon, la désmite le ligament suspenseur du boulet. Les signes se ressemblent, et seul l’examen vétérinaire les distingue.

Nadine

Journaliste depuis plus de 20 ans, je suis aussi et surtout passionnée d'équitation. Une passion que j'entends bien poursuivre et partager sur ce blog !