You are currently viewing Bottes d’équitation : bien les choisir

Une paire de bottes mal choisie se sent dès la première heure en selle : mollet qui serre, talon qui glisse, tige qui plisse derrière le genou. Ce sont les mesures qui font la différence, bien plus que la marque ou la couleur. Voici comment s’y retrouver avant d’acheter.

Bottes ou boots d’équitation

Les bottes montent jusque sous le genou. Les boots s’arrêtent à la cheville et se portent le plus souvent avec des chaps, ces guêtres qui couvrent le mollet. Les deux protègent la jambe du frottement des quartiers de selle et le pied d’un coup de sabot, mais elles ne se valent pas partout.

La botte offre une jambe d’un seul tenant, sans couture entre deux pièces, ce qui plaît en compétition et en dressage. Les boots coûtent en général moins cher, s’enfilent plus vite et se glissent facilement dans un sac. Pour un enfant qui grandit, ou pour un cavalier qui monte une fois par semaine au club, l’ensemble boots et chaps est un choix raisonnable. Pour monter tous les jours, beaucoup reviennent à la botte.

Prendre ses mesures avant d’essayer

Trois mesures suffisent. La pointure, d’abord, avec les chaussettes que vous porterez réellement. Le tour de mollet ensuite, à l’endroit le plus large, jambe détendue. Enfin la hauteur de jambe, du sol jusqu’au creux derrière le genou, en position assise et pied à plat. La tige ne doit pas appuyer sur le creux du genou quand vous pliez la jambe, sinon elle blesse à la longue.

Les catalogues proposent des tailles standard, puis des versions pour mollet large ou mollet fin, parfois des tiges plus courtes ou plus hautes. Les recherches sur « bottes mollet large » et « gros mollets » sont nombreuses, ce qui montre que la coupe standard ne convient pas à tout le monde. Si vous êtes entre deux, mieux vaut une botte un peu juste en cuir, car il se détend, qu’un modèle déjà large qui plissera.

Cuir, synthétique ou caoutchouc

Le cuir épouse la jambe avec le temps et respire mieux. Il demande de l’entretien et résiste mal à l’eau si on le néglige. Le sujet est traité dans notre article sur le nettoyage des bottes d’équitation en cuir.

Le synthétique coûte moins cher, se lave à l’éponge et supporte mieux la pluie. Il se déforme moins, ce qui est un avantage pour un enfant ou un usage occasionnel, mais il ne se détend pas non plus : l’essayage doit donc être juste du premier coup. Les bottes en caoutchouc servent surtout à l’écurie et au pansage. Certaines ont un talon et une semelle prévus pour monter, d’autres non, ce qui se vérifie sur l’étiquette.

Talon, semelle et sécurité

Le talon sert à retenir le pied dans l’étrier et à empêcher qu’il glisse vers l’avant. Il doit être net, pas démesuré. Une semelle trop épaisse ou trop large au bout coince le pied dans l’étrier, ce qui devient dangereux en cas de chute. Avant d’acheter, glissez la botte dans un étrier et vérifiez que le pied sort sans effort. Le réglage compte aussi : régler ses étriers à la bonne longueur aide à sentir si la botte tient correctement.

Bottes d’hiver

Les bottes d’équitation d’hiver ont une doublure ou une fourrure, parfois une membrane imperméable. Elles sont plus épaisses, donc plus serrées : essayez-les avec de bonnes chaussettes, jamais avec les chaussettes fines de l’été. Prendre trop grand dans l’espoir de gagner de la chaleur ne marche pas, car un pied qui flotte se refroidit plus vite et frotte. Pour le reste de la tenue, le guide sur les vêtements d’équitation en hiver complète le sujet.

Selon la discipline

En dressage, la tige est haute et rigide, pour une jambe longue et droite. En saut d’obstacles et en concours complet, on cherche plus de souplesse à la cheville et au genou. Enfin, en balade ou en loisir, le confort passe avant la tenue de la tige. L’équitation western a ses propres bottes, au talon plus haut et à la forme différente, qui répondent à un autre usage et demandent un article à part.

Essayage en magasin ou à la maison

Essayez les deux bottes, à la fin de la journée, quand le pied est un peu gonflé. Asseyez-vous, pliez le genou, marchez quelques minutes. Le talon ne doit pas décoller, les orteils ne doivent pas toucher le bout, et la fermeture éclair doit se fermer sans forcer. Sur un achat en ligne, vérifiez les conditions de retour avant de commander.

Côté budget, l’écart est large : du synthétique d’entrée de gamme au cuir fait main, il se compte en centaines d’euros. Pour un début, un modèle simple suffit, comme le rappelle notre guide pour débuter l’équitation avec confort. Les embauchoirs, qui gardent la forme de la tige, valent la dépense dès que les bottes sont en cuir.

Questions fréquentes

Peut-on monter avec des baskets ?

C’est déconseillé. Sans talon, le pied peut glisser dans l’étrier, et une semelle crantée peut s’y coincer. Pour une première séance d’essai, un club prête souvent des bottes ou des boots.

Faut-il des chaps avec des boots ?

Oui. Sans elles, le bas de jambe frotte contre le quartier de selle et le pantalon remonte. Les chaps se choisissent à la même hauteur que les boots, avec un tour de mollet adapté.

Combien de temps durent des bottes d’équitation ?

Cela dépend de la fréquence d’usage et de l’entretien. Un cuir graissé, séché à l’écart d’un radiateur et rangé avec ses embauchoirs dure bien plus longtemps qu’un cuir laissé sale dans un coffre de voiture.

Comment agrandir des bottes un peu serrées ?

Le cuir se détend en quelques semaines d’usage. Un cordonnier peut aussi les élargir au niveau du mollet. Le synthétique, lui, ne se détend pas, ce qui oblige à choisir juste dès l’achat.

Laurent

Passionné d'équitation depuis plus de 30 ans, Laurent est journaliste et a collaboré avec des titres comme Cheval Magazine, l' Éperon, Sport Éco. Il a aussi pratiqué le dressage et le CSO en compétition, et d'autres disciplines équestres.