Un cheval qui boit peu en hiver n’a pas forcément un problème de santé. Il a souvent une eau trop froide, un abreuvoir pris par la glace ou un foin sec qui réclame plus d’eau qu’il n’en prend. Le risque, c’est la colique d’impaction : le contenu de l’intestin se tasse faute d’eau et finit par boucher le passage.
Pourquoi l’eau froide réduit la consommation
En été, un cheval transpire et cherche la fraîcheur. En hiver, il transpire moins, mange du foin sec et se retrouve devant une eau proche de zéro. Beaucoup la boivent à contrecœur : trois gorgées et ils s’en vont. L’eau tempérée est en général mieux acceptée.
Un cheval adulte boit bien plus qu’on ne l’imagine, en général entre vingt et cinquante litres par jour selon la température, l’alimentation et le travail. Cette quantité peut baisser sans qu’on s’en aperçoive si l’on ne regarde pas les abreuvoirs.
Garder l’eau libre et accessible
- Cassez la glace matin et soir sur les bacs extérieurs, et retirez les morceaux.
- Au box, renouvelez l’eau des seaux deux fois par jour. Un seau gelé dans un coin ne compte pas.
- Un bac isolé ou abrité du vent gèle moins vite. Un abreuvoir chauffant rend service par grand froid, à condition d’être posé par un électricien, câbles hors de portée des dents.
- Vérifiez les abreuvoirs automatiques : un flotteur gelé coupe l’arrivée d’eau sans que personne le remarque.
- La neige ne remplace pas l’eau liquide.
Donner de l’eau tiède sans se compliquer la vie
Quand c’est possible, ajoutez un peu d’eau chaude au seau du matin pour la dégourdir. Pas besoin d’eau bouillante : il suffit qu’elle soit agréable à la main. Certains chevaux se mettent à boire beaucoup mieux dès le premier essai, d’autres ne changent rien. Essayez deux ou trois jours et comparez ce qu’il reste au fond du seau.
Hydrater autrement
Le mash apporte de l’eau sous forme de bouillie et se mange volontiers quand il fait froid. Un foin trempé ou vaporisé retient plus d’eau et limite la poussière, ce que fait aussi le purificateur de foin. Les électrolytes peuvent donner soif, mais ils ne conviennent pas à tous les chevaux : demandez conseil avant de les ajouter à la ration.
Repérer un cheval qui manque d’eau
Quelques repères simples :
- le crottin devient petit et sec, parfois couvert de mucus ;
- le cheval mange moins de foin et semble s’ennuyer ;
- la peau pincée en haut de l’encolure met plus de temps que d’habitude à reprendre sa place ;
- les gencives sont collantes, au lieu d’être humides et brillantes ;
- il urine peu.
Un cheval qui présente ces signes, ou qui se met à regarder son flanc, à gratter le sol ou à se coucher puis à se relever, peut faire une colique. Appelez le vétérinaire sans attendre, et reportez-vous à notre guide sur les gestes d’urgence en cas de colique. Les premiers signes de colique se manquent facilement.
Le foin et le reste de la ration
Un foin de qualité, distribué à volonté, garde l’intestin en mouvement. Notre article sur le choix du foin pour l’hiver aide à acheter au bon moment, et celui sur la préparation de l’écurie pour l’hiver couvre les points d’eau, la ventilation et le matériel. Pour les chevaux qui restent dehors, voir aussi le cheval en hiver au pré.
Questions fréquentes
Combien d’eau un cheval doit-il boire en hiver ?
Pas de chiffre exact pour tous. Un cheval adulte en boit en général entre vingt et cinquante litres par jour, moins quand il fait froid et qu’il travaille peu, plus quand le foin est sec. Ce qui compte, c’est que l’eau reste disponible en permanence.
Faut-il mettre du sel dans l’écurie ?
Un bloc de sel à disposition permet à chaque cheval de se servir selon ses besoins, et il peut stimuler un peu la soif. Vérifiez qu’il reste propre et qu’il n’est pas à l’humidité.
L’eau froide peut-elle rendre un cheval malade ?
L’eau froide ne rend pas malade en elle-même. Elle pousse en revanche certains chevaux à moins boire, et c’est cette baisse de consommation qui expose à la colique.
