La ferrure d’hiver pose une question simple : que faire des pieds du cheval quand le sol gèle, glisse ou se transforme en boue pendant des mois ? Il n’existe pas de réponse unique. Tout dépend du travail demandé, du terrain et de la façon dont le cheval vit.
Ce que l’hiver change pour le sabot
Le sabot pousse un peu plus lentement quand il fait froid, mais il n’en a pas moins besoin d’être paré. Le passage du maréchal reste calé sur le rythme habituel, toutes les six à huit semaines environ : on ne saute pas une visite parce que les chevaux travaillent moins. Ce qui change, c’est le sol. Gelé, il est dur et choquant. Couvert de neige, il colle sous le pied. Détrempé, il ramollit la corne et prépare des ennuis, dont les infections de la saison humide.
La neige colle sous le pied
Sur un cheval ferré, la neige tassée forme des boules sous le sabot. Il marche alors comme sur des talons hauts, déséquilibré et prêt à glisser. Des semelles en plastique posées sous le fer par le maréchal empêchent la neige de s’accrocher. Le curage reste la base, au départ, pendant la balade si besoin, et au retour. Un pied nu se débarrasse en général plus facilement de la neige qu’un pied ferré.
Crampons et fers à glace
Les crampons sont de petites vis ou des pointes qui se fixent dans des trous prévus dans le fer. Ils donnent de la tenue sur la glace, la boue et le terrain gras. Les fers à glace portent des pastilles ou des pointes en métal dur. Ils servent surtout aux chevaux qui sortent sur routes ou chemins verglacés, en randonnée ou en attelage.
Ils ont des limites.
- Sur sol dur ou sec, ils fatiguent les tendons et les articulations : le sabot ne glisse plus, il se tord.
- Ils blessent. Un cheval qui se touche avec un crampon se coupe, et un coup de pied à un congénère fait bien plus de dégâts.
- Ils ne conviennent pas au pré avec d’autres chevaux : on les retire avant la sortie en groupe.
Le maréchal pose les bons crampons pour votre fer et explique comment les visser. Appelez-le à l’automne, avant la première gelée, pas le matin où tout est verglacé.
Déferrer pour l’hiver
Quand le cheval travaille peu, le déferrer pour la saison peut avoir du sens. Les pieds se reposent, la corne reprend sa forme, et un sabot nu accroche souvent mieux sur la glace qu’un fer lisse. Le passage au pied nu se décide avec le maréchal : tous les sabots ne le supportent pas, surtout avec une sole sensible ou sur des chemins caillouteux gelés. Des bottes de protection pour sabots dépannent dans ce cas. Notre guide du cheval pied nu détaille la transition, qui se prépare plutôt que de se décider un matin.
Pour comprendre pourquoi le fer existe et ce qu’il apporte, voir pourquoi ferrer un cheval et l’histoire du fer à cheval.
Quel choix selon votre situation
- Cheval au repos ou au pré en groupe : pied nu, ou fers sans crampons.
- Cheval qui travaille en manège : ferrure habituelle.
- Cheval qui sort sur chemins gelés ou verglacés : fers à glace ou crampons, retirés dès que le sol redevient praticable.
- Cheval à sole sensible : bottes de protection, ou fers avec protection sous le sabot.
Surveiller l’état du pied tout l’hiver
Un sol dur et gelé provoque des bleimes, ces meurtrissures de la sole qui font boiter. Un sol détrempé facilite les abcès : vous trouverez les signes dans notre article sur l’abcès du pied. Un cheval qui boite après une sortie sur terrain gelé n’a pas forcément un problème de tendon. Regardez d’abord le pied, puis appelez le maréchal ou le vétérinaire. Le parage régulier limite beaucoup de ces ennuis.
Questions fréquentes
Faut-il garder les crampons toute la saison ?
Non. Un crampon se pose pour une sortie précise et se retire dès que le sol s’adoucit ou que le cheval retourne au pré en groupe.
Un cheval au pré doit-il être ferré en hiver ?
Rien ne l’impose. Beaucoup de chevaux au pré passent l’hiver pieds nus, d’autres gardent leurs fers, sans crampons. Le choix dépend de la corne, de la sole et du travail prévu à la reprise.
Peut-on poser des crampons soi-même ?
Les trous du fer doivent être propres, et le crampon doit correspondre au fer. Faites poser les premiers par le maréchal et demandez-lui de montrer le geste.
