You are currently viewing Déplacements latéraux : améliorer l’équilibre

Les déplacements latéraux sont la pierre angulaire d’une équitation juste et harmonieuse. Loin d’être de simples figures de dressage, ces exercices constituent une véritable gymnastique pour votre cheval. Ils améliorent sa souplesse, son équilibre et sa réactivité à vos aides. En maîtrisant ces mouvements, vous développez une communication plus fine avec votre monture. Ce guide pratique vous accompagne pas à pas dans l’univers des déplacements latéraux. Découvrez leurs bienfaits, les différents types de mouvements et comment les enseigner à votre cheval.

Pourquoi intégrer les déplacements latéraux dans votre travail ?

L’intégration des déplacements latéraux dans vos séances de travail offre de multiples avantages. Ces exercices ne se limitent pas à la recherche de performance en compétition. Ils sont avant tout bénéfiques pour le bien-être physique et mental de votre cheval. Vous constaterez rapidement une évolution positive chez votre partenaire équin.

D’un point de vue physique, le travail de côté sollicite des groupes musculaires spécifiques. Les muscles abducteurs et adducteurs, responsables des mouvements d’écartement et de rapprochement des membres, sont particulièrement renforcés. Le bassin est mobilisé, ce qui favorise un meilleur engagement des postérieurs. L’avant-main n’est pas en reste, avec un développement de la musculature autour du garrot et des épaules. Cette gymnastique complète assouplit l’ensemble du corps du cheval et améliore la mobilité de son dos.

Au-delà du renforcement musculaire, les déplacements latéraux affinent la proprioception de votre cheval. Il prend conscience de son corps et de la position de ses quatre membres dans l’espace. Cette meilleure coordination se traduit par un équilibre accru et une plus grande aisance dans tous les mouvements. Votre cheval gagne en rectitude, c’est-à-dire qu’il apprend à se déplacer en alignant ses épaules et ses hanches, ce qui optimise sa propulsion.

Les prérequis essentiels avant de commencer

Avant de vous lancer dans l’apprentissage des déplacements latéraux, quelques prérequis sont indispensables. Vous devez vous assurer que votre cheval possède les bases d’une bonne éducation. Un travail préparatoire solide garantit une progression sereine et évite l’apparition de résistances.

Votre cheval doit tout d’abord se porter naturellement en avant. L’impulsion est le moteur de tout exercice. Sans elle, les déplacements manqueraient de fluidité et d’engagement. Il est également primordial que votre monture réponde correctement à vos aides de direction. Vous devez pouvoir le diriger sans effort sur des cercles de différentes tailles.

La maîtrise des transitions entre les allures est aussi un point clé. Des transitions fluides et rapprochées témoignent d’un bon équilibre et d’une bonne écoute de la part de votre cheval. Enfin, le concept de « se mettre sur la main » doit être acquis. Cela signifie que votre cheval tend son dos et vient prendre un contact confiant et constant sur le mors, sans pour autant peser sur la main.

Les différents types de déplacements latéraux

Il existe plusieurs types de déplacements latéraux, chacun avec ses spécificités et ses bienfaits. Les maîtriser vous permettra de varier le travail et de cibler des objectifs précis. Nous allons détailler ici les quatre mouvements principaux.

La cession à la jambe

La cession à la jambe est souvent le premier déplacement latéral enseigné au couple cavalier-cheval. C’est un excellent exercice pour faire comprendre au cheval le principe de s’écarter de la pression d’une jambe. Dans ce mouvement, le cheval se déplace simultanément vers l’avant et de côté. Son corps reste relativement droit, avec seulement un léger pli de l’encolure à l’opposé du mouvement.

Pour demander une cession à la jambe vers la droite, par exemple le long de la piste, votre jambe gauche devient la jambe isolée. Elle recule légèrement derrière la sangle et agit par pressions discontinues pour inciter les hanches à se décaler vers la droite. Votre jambe droite, à la sangle, maintient l’impulsion. Votre rêne droite contrôle le pli de l’encolure et empêche l’épaule droite de s’échapper. La rêne gauche, régulatrice, gère la vitesse et l’angle du déplacement.

L’épaule en dedans

Considérée par de nombreux grands maîtres comme « l’aspirine de l’équitation », l’épaule en dedans est un exercice fondamental. Le cheval se déplace de côté tout en étant incurvé autour de la jambe intérieure du cavalier. Les épaules se déplacent sur une piste intérieure, tandis que les postérieurs restent sur la piste extérieure. Cet exercice est exceptionnel pour améliorer l’engagement du postérieur interne et l’assouplissement général du cheval.

Pour une épaule en dedans à main gauche, votre jambe intérieure (gauche) à la sangle demande l’incurvation et maintient l’impulsion. Votre jambe extérieure (droite), légèrement reculée, contrôle les hanches et les empêche de déraper vers l’intérieur. Votre rêne intérieure (gauche) indique le pli, tandis que votre rêne extérieure (droite) contrôle l’allure et la position des épaules. Le regard du cavalier porte loin dans la direction du mouvement.

La hanche en dedans (ou tête au mur)

La hanche en dedans est en quelque sorte l’inverse de l’épaule en dedans. Ici, le cheval est incurvé dans le sens du mouvement. Les hanches se déplacent sur une piste intérieure alors que les épaules restent sur la piste. Cet exercice est très utile pour améliorer le contrôle des hanches et la souplesse latérale.

Pour réaliser une hanche en dedans à main droite, le cheval est placé tête au mur. Votre jambe extérieure (gauche), reculée, pousse les hanches vers l’intérieur de la carrière. De l’autre côté, votre jambe intérieure (droite) maintient l’incurvation et l’impulsion. Votre rêne extérieure (gauche) contrôle le pli, tandis que la rêne intérieure (droite) guide les épaules sur la piste.

L’appuyer

L’appuyer est le plus complexe et le plus esthétique des déplacements latéraux. Le cheval se déplace en diagonale, vers l’avant et de côté, tout en étant incurvé dans la direction où il se dirige. C’est un mouvement qui demande un haut degré de coordination, d’équilibre et de souplesse de la part du cheval, ainsi qu’une grande finesse dans les aides du cavalier.

Pour un appuyer vers la droite, votre corps s’oriente légèrement dans cette direction. Votre jambe intérieure (droite) maintient l’incurvation et l’impulsion. Pour sa part, votre jambe extérieure (gauche), isolée, pousse l’ensemble de la masse du cheval vers la droite. Votre rêne intérieure (droite) indique le pli, et votre rêne extérieure (gauche) contrôle la vitesse et la position des épaules, empêchant le cheval de trop se coucher sur son épaule intérieure.


FAQ : Tout sur les déplacements latéraux

1. À quel âge un cheval peut-il commencer les déplacements latéraux ? Vous pouvez initier un jeune cheval aux déplacements latéraux très tôt, même à pied lors du débourrage. Monté, l’apprentissage commence généralement après l’acquisition des bases aux trois allures, lorsque le cheval est calme, en avant et droit.

2. Mon cheval se traverse au lieu de s’incurver, que faire ? C’est un problème fréquent. Assurez-vous de bien utiliser votre jambe intérieure à la sangle pour maintenir l’incurvation et l’impulsion. Votre rêne extérieure doit contrôler l’épaule extérieure et l’empêcher de « tomber ». N’hésitez pas à exagérer le pli de l’encolure au début.

3. Quelle est la différence entre une cession à la jambe et un appuyer ? La principale différence réside dans l’incurvation. Dans la cession à la jambe, le cheval est droit ou légèrement plié à l’opposé du mouvement. Dans l’appuyer, il est nettement incurvé dans la direction où il se déplace.

4. Mon cheval perd l’impulsion dans les déplacements latéraux, comment y remédier ? Pensez à préparer votre exercice par des transitions pour bien mettre votre cheval « en avant ». Pendant le mouvement, utilisez votre jambe intérieure (celle du côté de l’incurvation) pour entretenir l’énergie. Ne demandez que quelques foulées au début, puis repartez franchement en ligne droite.

Encore à savoir sur les déplacements latéraux

5. Comment savoir si je réalise correctement une épaule en dedans ? Un bon repère est de visualiser trois ou quatre pistes. En épaule en dedans, le postérieur extérieur et l’antérieur intérieur sont sur la même ligne. Vous devriez sentir le dos de votre cheval monter sous votre selle et un meilleur engagement de son postérieur interne.

6. Faut-il travailler les déplacements latéraux à toutes les allures ? Oui, il est bénéfique de les travailler aux trois allures. Commencez toujours au pas pour décomposer le mouvement et permettre au cheval de bien comprendre. Une fois l’exercice acquis, vous pouvez le transposer au trot, puis au galop pour les cavaliers plus confirmés.

7. Quels sont les signes d’une bonne exécution d’un déplacement latéral ? Un déplacement latéral réussi est fluide, régulier et sans résistance. Le cheval reste léger sur la main, maintient une cadence constante et se déplace avec aisance. Vous devez sentir une connexion entre l’avant-main et l’arrière-main.

8. Puis-je apprendre les déplacements latéraux seul ? Il est tout à fait possible de s’initier seul, mais l’œil d’un moniteur ou d’un entraîneur est précieux. Il pourra vous corriger en temps réel, notamment sur votre position et la justesse de vos aides, ce qui vous fera progresser plus rapidement et évitera de prendre de mauvaises habitudes.