Un cheval pèse plus de cinq cents kilos, il peut prendre peur, filer à travers une route ou renverser un cavalier. Quand son propriétaire se pose la question de l’assurance, c’est souvent après le premier incident ou la première facture de vétérinaire un peu salée. Autant y réfléchir avant.
La responsabilité civile, la garantie de base
C’est la garantie qui paie les dégâts causés à un tiers par votre cheval : une clôture enfoncée, une voiture percutée, un promeneur blessé. Le Code civil rend le propriétaire d’un animal, ou celui qui s’en sert, responsable du dommage qu’il cause, qu’il soit sous sa garde ou échappé (article 1243). Pour un propriétaire particulier qui monte pour le loisir, aucune loi n’impose de souscrire. Les établissements équestres, eux, y sont obligés par le Code du sport (article L321-7).
Les contrats distinguent en général la responsabilité civile du propriétaire d’équidé et celle de l’utilisateur, donc de la personne qui monte ou manipule le cheval. Regardez laquelle figure dans votre contrat, surtout si vous prêtez votre cheval ou si quelqu’un d’autre le monte à votre place.
Votre assurance habitation ne suffit généralement pas
Beaucoup de propriétaires pensent être couverts par leur multirisque habitation. Les contrats classiques couvrent souvent les chiens et les chats, rarement les équidés, que certains excluent expressément. Un coup de téléphone à votre assureur, avec la réponse par écrit, évite une mauvaise surprise le jour du sinistre.
La licence de la Fédération française d’équitation ne règle pas tout non plus. Elle comprend une assurance qui protège le cavalier, mais ce qu’elle couvre pour le propriétaire d’un cheval varie selon les sources et les formules. Lisez les conditions de votre licence de l’année et demandez à la fédération ou à votre assureur ce qu’elle couvre exactement avant de vous en contenter.
Les garanties qui protègent le cheval lui-même
Au-delà de la responsabilité civile, les assureurs proposent des options qui portent sur l’animal. La mortalité verse une indemnité si le cheval meurt de maladie ou d’accident, ou s’il doit être euthanasié sur avis vétérinaire. L’invalidité joue quand il ne peut plus servir à l’usage prévu, par exemple une boiterie définitive qui interdit la compétition. Le vol et la disparition ont leur propre garantie, de même que le transport et le rapatriement si l’on voyage avec lui.
La garantie des frais vétérinaires est celle qui sert le plus souvent. Une chirurgie de colique se chiffre en milliers d’euros, et l’on décide alors dans l’urgence. Si le sujet vous inquiète, notre article sur les gestes d’urgence en cas de colique explique ce qu’il faut faire en attendant le vétérinaire. Certains contrats couvrent cette opération en particulier, d’autres plafonnent les remboursements par année ou par sinistre.
On trouve aussi la protection juridique, utile en cas de litige à l’achat ou avec un tiers, et la prise en charge de l’équarrissage, dont le coût revient sinon au propriétaire.
Ce qui fait varier le prix
Je ne donnerai pas de tarif moyen, parce qu’il n’en existe pas de fiable. La cotisation dépend de l’âge du cheval, de sa valeur déclarée, de la discipline pratiquée, des garanties choisies et des franchises. Un cheval de compétition de valeur élevé ne coûte pas le même prix à assurer qu’un poney de club ou un cheval de balade. La responsabilité civile seule reste la formule la moins chère, et le prix monte avec chaque garantie ajoutée.
Demandez plusieurs devis, de préférence à des assureurs spécialisés dans les équidés, et comparez à garanties égales. Un tarif bas qui cache une franchise lourde ou un plafond de remboursement faible ne vaut pas mieux qu’une cotisation plus élevée.
Les conditions à lire avant de signer
Pour les garanties mortalité, invalidité et santé, l’assureur demande en général un certificat de bonne santé établi par un vétérinaire. Il existe aussi des limites d’âge, qui varient selon les contrats : un cheval âgé peut se voir refuser certaines garanties ou payer plus cher.
Repérez le délai de carence, pendant lequel la garantie ne joue pas encore après la souscription, et les exclusions, souvent liées à des maladies ou blessures déjà connues. Retenez aussi les délais de déclaration : en cas de décès, il faut souvent prévenir l’assureur sous quarante-huit heures, parfois moins. Notez le numéro du contrat et celui de l’assistance dans un endroit accessible à l’écurie, parce que le jour où il faut appeler, on n’a pas toujours la tête à chercher un papier.
Le plus raisonnable pour un propriétaire qui monte en balade est de commencer par la responsabilité civile, puis d’ajouter les frais vétérinaires si le budget le permet. La mortalité et l’invalidité prennent leur sens quand le cheval a une vraie valeur, à l’achat ou en sport.
