Le bruit des sabots sur la piste, l’odeur de la sciure fraîche, les cris des équipiers qui encouragent… Le mounted games est une discipline qui ne laisse personne indifférent. Rapide, spectaculaire, accessible, elle mélange adresse équestre, esprit d’équipe et adrénaline pure.
Mais de quoi parle-t-on exactement ? Le mounted games, parfois appelé pony games, désigne une série de jeux à cheval réalisés en équipe, sur des poneys ou de petits chevaux. Les cavaliers s’affrontent lors d’épreuves combinant vitesse, précision et complicité avec leur monture. Popularisé au Royaume-Uni dès les années 1950, le mounted games s’est aujourd’hui répandu dans une trentaine de pays, avec ses propres championnats internationaux.
Ce guide s’adresse aux cavaliers débutants qui découvrent la discipline, aux moniteurs qui cherchent à l’introduire dans leurs cours, et aux parents dont les enfants veulent « faire des jeux à cheval ». Vous trouverez ici tout ce qu’il faut savoir : origines, règles, entraînement, matériel et progression. On y va ?
Table des matières
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Les origines du mounted games : une discipline née du jeu
Tout a commencé dans l’armée britannique. À la fin du XIXe siècle, les soldats de cavalerie s’occupaient pendant leurs loisirs en inventant des jeux à cheval. Des courses avec des lances, des relais, des épreuves d’adresse. Une façon de maintenir la condition physique des montures et l’agilité des cavaliers, tout en s’amusant franchement.
Le Prince Philip, duc d’Édimbourg, officialise la discipline en 1957 en créant la Prince Philip Cup, première compétition organisée de mounted games en Grande-Bretagne. Cette compétition existe encore aujourd’hui. C’est l’une des plus anciennes compétitions équestres jeunes du monde.
La Mounted Games Association of Great Britain structure progressivement les règles, les épreuves, les catégories d’âge. D’autres pays suivent. La France développe ses propres compétitions dans les années 1990, sous l’impulsion de clubs qui cherchent à dynamiser la pratique pony.
Ce qui frappe dans l’histoire de cette discipline, c’est sa vocation populaire. Contrairement au saut d’obstacles ou au dressage, le mounted games n’exige pas un équipement onéreux ni des années de formation technique avant de participer. Un enfant de 8 ans peut prendre du plaisir lors de sa première compétition. C’est rare dans le monde équestre, et c’est précieux.
Aujourd’hui, la World Mounted Games fédère les nations participantes. Les championnats du monde réunissent des équipes de tous les continents, avec des niveaux de technicité bluffants. Voir une équipe expérimentée réaliser un relais à pleine allure, sans faute, en moins de 30 secondes… c’est proprement impressionnant.
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Les règles et le déroulement d’une compétition
Une compétition de mounted games se présente sous forme de manches appelées games, c’est-à-dire des épreuves individuelles, chacune avec ses propres règles. Une équipe est composée de cinq cavaliers. Les poneys mesurent généralement moins de 148 cm au garrot.
Chaque game oppose deux équipes sur des pistes parallèles. Le principe de base est souvent le relais : le cavalier 1 réalise une tâche (porter un objet, remplir une bouteille, saisir un témoin…), remet le relais au cavalier 2, et ainsi de suite jusqu’au cavalier 5. L’équipe la plus rapide sans faute remporte le point.
Les fautes sont pénalisées par des remises en place ou des éliminations selon les épreuves. Faire tomber un plot, rater un échange de relais, sortir de la piste… chaque erreur peut coûter la manche.
Il existe des dizaines de jeux officiels différents. Parmi les plus connus :
- Le lemon and spoon : porter une cuillère avec un citron au galop
- Le mug shuffle : déplacer des gobelets sur des poteaux
- Le flag race : ramasser et replanter des drapeaux
- Le bottle : remplir une bouteille d’eau à différents postes
- Le rope race : cavaliers reliés par une corde
Chaque épreuve sollicite des qualités différentes. Certaines demandent de la précision fine, d’autres de la vitesse pure, d’autres encore de la coordination entre cavaliers. Une équipe complète doit donc être polyvalente.
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Les qualités du poney de mounted games
Parlons du vrai partenaire de cette discipline. Le poney de mounted games est un athlète à part entière. Ne vous y trompez pas : derrière ce petit gabarit se cache une puissance de travail, une réactivité et une intelligence remarquables.
Les critères prioritaires pour un bon poney de mounted games :
La vitesse et l’impulsion. Le poney doit galoper franchement, repartir vite après un arrêt, maintenir son rythme sur toute la longueur de piste. Un poney « mou » ou hésitant pénalise toute l’équipe.
L’arrêt net. C’est probablement la qualité la plus critique. Lors de certains games, le cavalier doit descendre en mouvement ou s’arrêter au centimètre près devant un plot. Un poney qui « part en roue libre » à l’arrêt est problématique.
Le calme sous pression. Le contexte d’une compétition est intense : bruits, foule, poneys qui galopent à côté, objets qui tombent… Le poney doit rester concentré et confiant malgré tout.
La taille. La règle des 148 cm n’est pas arbitraire. Elle garantit l’équité entre équipes et protège les jeunes cavaliers. Un poney plus grand favoriserait excessivement la vitesse pure.
Les races les plus représentées ? Le Welsh, le New Forest, le Connemara et le Shetland pour les plus petits cavaliers. Ces races combinent naturellement endurance, intelligence et caractère travailleur.
Un bon poney de pony games « apprend » les jeux avec le temps. Certains anticipent les mouvements de leur cavalier, ralentissent spontanément devant les poteaux, repartent sans aide à l’échange de relais. La complicité qui se développe entre un cavalier et son poney dans cette discipline est vraiment quelque chose de particulier.
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L’entraînement : comment progresser efficacement
Former un cavalier et un poney au mounted games demande méthode et régularité. Ce n’est pas une discipline où l’on improvise : chaque geste est travaillé, répété, affiné jusqu’à devenir automatique.
Commencer par le travail à pied. Avant de monter, le cavalier apprend les manipulations d’objets. Ramasser un objet sur un piquet, transvaser un liquide, planter un drapeau… Ces gestes semblent simples au sol. Sur un poney au galop, ils deviennent une affaire de timing et de coordination motrice fine.
Travailler l’arrêt et le départ. Le binôme cavalier-poney doit maîtriser l’arrêt net à un point précis, puis le redépart immédiat. Cela s’entraîne séparément, sans la pression du jeu complet.
Introduire les objets progressivement. D’abord au pas, puis au trot, puis au galop. Le poney doit s’habituer aux objets qui bougent, tombent, font du bruit. Un travail de désensibilisation rigoureux évite les réactions de peur en compétition.
Le travail d’équipe. Les échanges de relais se répètent des dizaines de fois. Chaque cavalier connaît sa position, son timing, son rôle. Une bonne équipe de mounted games ressemble à une mécanique bien huilée : chacun sait exactement quoi faire et quand.
La condition physique du poney. Un programme de mise en condition incluant du travail sur piste, du travail en longe et des sorties extérieures prépare le poney aux efforts répétés d’une journée de compétition.
Une séance type dure 45 minutes à 1 heure. L’échauffement, les exercices techniques, les simulations de games complets, le retour au calme. La régularité hebdomadaire prime sur l’intensité.
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Le mounted games en France : où pratiquer et comment débuter
La France a développé sa propre culture du mounted games depuis les années 1990. La Fédération Française d’Équitation (FFE) encadre la discipline via le secteur équitation de plein air et jeux équestres. Des championnats nationaux sont organisés chaque année, avec différentes catégories d’âge.
Comment trouver un club ? Le site de la FFE répertorie les clubs proposant du mounted games ou des poney games. En tapant simplement « poney games » dans l’annuaire des clubs, vous trouverez les structures actives dans votre région. Certains clubs ont des équipes de compétition très sérieuses ; d’autres proposent des initiations dans le cadre de cours collectifs.
Les catégories d’âge en compétition :
- Poussins : moins de 8 ans
- Benjamins : 8-10 ans
- Minimes : 11-13 ans
- Cadets : 14-17 ans
- Adultes : 18 ans et plus
Il existe également des catégories open et des compétitions par équipes mixtes, ce qui renforce l’aspect convivial de la discipline.
Le matériel nécessaire pour débuter est relativement accessible. Un casque homologué, des bottes ou chaps, des gants pour éviter les brûlures lors des échanges de relais rapides. Les équipements spécifiques aux jeux (poteaux, objets officiels) sont généralement fournis par le club.
Pour les familles qui hésitent, une bonne façon de tester : assister à une compétition locale. L’ambiance, les rires, l’intensité des courses… ça convainc souvent mieux qu’un long discours. Et puis, voir un enfant revenir en souriant après sa première manche de pony games, ça n’a pas de prix.
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Conclusion
Le mounted games est une discipline équestre complète, exigeante et profondément joyeuse. Elle développe chez le cavalier l’adresse, la vitesse d’exécution, le sens de l’équipe et la complicité avec sa monture. Pour le poney, c’est un travail stimulant, varié, qui entretient autant le physique que la vivacité mentale.
Accessible dès le plus jeune âge, compétitif jusqu’au niveau international, le mounted games mérite largement d’être mieux connu en France. Si vous cherchez une discipline équestre qui donne le sourire autant qu’elle forme de bons cavaliers, vous avez trouvé.
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FAQ autour du mounted games :
Q : À quel âge peut-on commencer le mounted games ?
R : Dès 6-7 ans pour les initiations en club, et dès 8 ans pour les premières compétitions officielles en catégorie poussins. La discipline est particulièrement adaptée aux enfants car elle combine jeu, mouvement et apprentissage naturel de l’équitation sans formalisme excessif.
Q : Faut-il posséder son propre poney pour pratiquer le mounted games ?
R : Non. De nombreux clubs proposent des poneys de club formés à la discipline. Cependant, pour progresser sérieusement en compétition, avoir son propre poney entraîné régulièrement représente un avantage significatif en termes de complicité et de réactivité.
Q : Quelle est la différence entre mounted games et poney games ?
R : Les deux termes désignent globalement la même discipline. Poney games est l’appellation couramment utilisée en France, notamment en milieu scolaire et dans les clubs FFE. Mounted games est le terme international, utilisé dans les compétitions officielles et les championnats du monde.
Q : Les adultes peuvent-ils pratiquer le mounted games ?
R : Absolument. Il existe des catégories adultes en compétition. La règle des 148 cm de hauteur de poney s’applique à tous. Certains adultes pratiquent depuis l’enfance et atteignent des niveaux techniques impressionnants, notamment dans les équipes nationales seniors.
Encore à savoir sur le mounted games
Q : Quels sont les risques de blessure dans cette discipline ?
R : Comme toute activité équestre, le mounted games comporte un risque inhérent. Les chutes sont possibles, surtout aux allures rapides. Un équipement adapté (casque homologué, gilet de protection recommandé), une progression encadrée et des poneys bien formés réduisent considérablement ce risque.
Q : Comment se déroule un championnat de mounted games ?
R : Un championnat oppose plusieurs équipes de cinq cavaliers dans une série de games différents. Chaque game remporté rapporte des points. L’équipe totalisant le plus de points à l’issue de toutes les manches remporte le championnat. Les journées sont intenses, joyeuses et très spectaculaires pour les spectateurs.
Q : Combien de games officiels existe-t-il ?
R : La liste officielle de la World Mounted Games comprend plus de 70 games différents. En compétition nationale, une sélection d’une vingtaine à une trentaine d’épreuves est généralement utilisée. Chaque compétition annonce à l’avance les games retenus afin que les équipes puissent s’y préparer spécifiquement.
Q : Le mounted games est-il reconnu par la Fédération Équestre Internationale (FEI) ?
R : Pas encore officiellement au niveau des disciplines olympiques, mais la discipline dispose de ses propres structures internationales reconnues, notamment la World Mounted Games (WMG). Des démarches de reconnaissance internationale sont régulièrement évoquées dans les instances équestres mondiales.
Q : Quel budget prévoir pour débuter en compétition de poney games ?
R : Pour un enfant débutant en club avec poney de club : quelques dizaines d’euros pour l’équipement de base (gants, casque). Pour un cavalier avec son propre poney en compétition régionale : compter l’entretien du poney, les déplacements et les licences FFE. Le mounted games reste l’une des disciplines équestres compétitives les moins coûteuses.
