You are currently viewing Cheval curly : découvrez ses atouts cachés

Le monde équestre compte beaucoup de races étonnantes, mais peu intriguent autant que le cheval curly. Son poil frisé le distingue au premier regard, comme s’il sortait d’un conte. Il intéresse aussi les personnes allergiques, que beaucoup de races font éternuer. Voici son histoire, son caractère, ce qu’il sait faire et ce que coûte son entretien.

Une histoire mal connue

L’origine exacte du curly reste floue. Certains évoquent une ascendance russe, avec la race bashkir des monts Oural, dont certains sujets ont un poil frisé. Mais des analyses génétiques contredisent cette hypothèse : les curlies américains ne partagent pas le même sang. D’autres regardent du côté de l’Amérique, où d’anciens récits mentionnent des chevaux frisés chez les Sioux et chez les Crow.

La découverte de la famille Damele

L’histoire moderne de la race commence au Nevada, en 1898. Peter Damele chevauche dans des montagnes escarpées quand il aperçoit trois chevaux au pelage étrange, couverts de boucles serrées. Avec son père, il les ramène et les intègre au troupeau. L’hiver suivant est très rude, une grande partie du cheptel meurt, et seuls les chevaux frisés résistent au froid.

Les éleveurs en gardent un souvenir marquant. La famille Damele décide de sélectionner cette particularité et croise ces chevaux avec d’autres races, dont le Quarter Horse et le Morgan. C’est de là que vient la lignée actuelle du curly américain.

Une reconnaissance tardive

Il faut attendre plusieurs décennies pour que les éleveurs s’organisent. L’American Bashkir Curly Registry voit le jour en 1971 et fixe les standards de la race. Le nom « Bashkir » est resté par tradition, bien que le lien avec la Russie ne soit pas prouvé, et on parle aujourd’hui simplement de curly américain. La race progresse en Europe, et la France compte désormais plusieurs élevages dans diverses régions.

Un pelage hors du commun

Le poil forme des boucles plus ou moins serrées, qui rappellent parfois la laine du mouton. Elles changent avec les saisons. L’hiver, le cheval ressemble à une grosse peluche : les boucles sont denses, isolantes, et le protègent des intempéries. L’été, il perd une grande partie de ce poil et la robe devient lisse ou ondulée. La mue est souvent spectaculaire.

Curly et allergies

Vous êtes allergique aux animaux ? Le curly peut être une piste. On croit souvent que l’allergie vient du poil lui-même, alors que la réaction est surtout liée à des protéines présentes dans les squames de la peau et dans la salive. Beaucoup de cavaliers allergiques disent mieux supporter le curly que les autres chevaux, au point de pouvoir de nouveau les brosser sans crise.

Rien n’est garanti pour autant, chaque personne réagit à sa manière. Avant d’acheter, rendez visite à un élevage et passez du temps près des chevaux, le nez contre l’encolure s’il le faut. Vous saurez vite si cela passe. En cas d’asthme, demandez aussi l’avis de votre médecin.

Crins et texture

La crinière et la queue ont aussi leurs particularités. Les crins sont souvent très frisés et forment une sorte de dreadlocks naturelles. Ils sont fragiles et cassent facilement au brossage. Certains chevaux naissent avec une crinière clairsemée, et la queue peut paraître peu fournie : c’est lié au gène de la frisure. Il faut accepter cette esthétique, et adapter le pansage.

Un tempérament en or

Le caractère est le deuxième atout du curly. Il hérite de la rusticité des mustangs et garde un instinct de survie bien développé, sans être sauvage pour autant. Il analyse les situations avec calme et ne panique pas pour rien.

Une grande gentillesse

Les éleveurs vantent sa proximité avec l’homme. Le curly cherche le contact, il est curieux et bienveillant. Il convient aux enfants et rassure les débutants, car il pardonne souvent les erreurs de main. C’est un cheval qui réfléchit avant d’agir et observe son environnement avant de fuir. En extérieur, ce sang-froid sécurise le cavalier.

Une intelligence vive

Calme ne veut pas dire apathique. Le curly apprend vite et comprend rapidement ce qu’on attend de lui. Il supporte mal l’injustice et la brutalité, il faut donc établir un dialogue respectueux. Une fois la confiance installée, il donne tout. Sa bonne mémoire facilite le dressage : il retient les exercices d’une séance à l’autre. Il a aussi besoin de stimulation, et s’ennuie vite au box.

Aptitudes sportives et polyvalence

On cantonne souvent le curly au loisir, c’est une vision réductrice. Sa morphologie est robuste et équilibrée, avec des os solides, des pieds sûrs et un dos généralement court et porteur. Ces atouts lui ouvrent beaucoup de portes.

En randonnée

Ses origines le prédisposent à l’extérieur. Il a le pied sûr en terrain accidenté, une endurance remarquable et récupère vite après l’effort. Les cavaliers de TREC l’apprécient : il franchit les difficultés avec franchise et ne craint ni l’eau ni les fossés. Sa robe le protège des griffures des branches. On peut partir avec lui plusieurs jours en autonomie.

En dressage et en western

Le curly se débrouille aussi sur le plat. Ses allures sont souvent confortables, certains sujets ont même des allures relevées et déroulent des reprises de dressage honorables. Sa souplesse naturelle aide pour les mouvements latéraux. Le western reste son terrain de prédilection : il excelle dans le tri de bétail, avec un sens de la vache inné, et il est agile et rapide sur de courtes distances. Le barrel racing ne lui fait pas peur, il tourne court et relance fort.

En attelage et en saut

Sa force tranquille convient à l’attelage. Il tracte avec volonté et constance, en solo comme en paire. En saut d’obstacles, il ne gagnera pas les Jeux olympiques, mais il enchaîne un parcours de club avec aisance, franc devant les barres, sans s’arrêter pour un soubassement coloré. C’est un cheval de club idéal pour toucher à tout.

Prendre soin d’un cheval curly

Un curly demande quelques ajustements par rapport à un cheval classique. Les connaître garantit son bien-être.

Un pansage particulier

Oubliez le pansage intensif. La crinière du curly ne se brosse pas tous les jours, au risque d’arracher les crins. Démêlez les nœuds avec les doigts, aidez-vous d’un spray démêlant de qualité, et contentez-vous de retirer la paille et les saletés. Faites de même pour la queue, avec douceur et patience.

Sur le corps, la boue s’accroche aux boucles en hiver : laissez sécher avant de brosser, avec une étrille américaine en caoutchouc qui décolle la saleté sans irriter la peau. À la mue, le cheval perd des quantités impressionnantes de poils. Une brosse ou une étrille de massage l’aide et soulage les démangeaisons.

Une alimentation mesurée

Le curly est rustique et assimile très bien sa nourriture. Il grossit facilement, et l’obésité est son ennemi numéro un. Surveillez sa ligne, évitez les pâtures trop riches au printemps et rationnez le foin si besoin. Les compléments céréaliers sont rarement utiles, un apport en minéraux et vitamines suffit souvent. Une suralimentation peut provoquer une fourbure, et l’exercice régulier reste indispensable.

Élevage et achat en France

La race se développe bien dans l’Hexagone, et on y trouve des éleveurs passionnés qui sélectionnent des chevaux sains et conformes.

Choisir un élevage

Prenez le temps de visiter, de discuter avec l’éleveur et de demander à voir les parents. Vérifiez les papiers des chevaux : l’inscription à un registre compte, et l’ICHO (International Curly Horse Organization) fait référence. En France, l’Organisation du Cheval Curly (OCH) peut vous guider. Regardez aussi comment vivent les poulains : un poulain bien manipulé fait un meilleur cheval.

Le budget

Un curly coûte souvent plus cher qu’un cheval classique, la rareté expliquant une partie du prix. Comptez entre 4 000 et 8 000 euros pour un sujet débourré, selon les origines et le modèle. Un poulain sevré coûte moins, mais vous devrez assurer son éducation. Pensez aussi aux tests génétiques : certains éleveurs recherchent les maladies héréditaires, ce qui est un gage de sérieux. Vous achetez un compagnon pour vingt ou trente ans.

Les types de poil

Il existe plusieurs types de robes. Le « Smooth Coat » porte le gène mais ne frise pas. Il conserve souvent les qualités du curly côté allergies, et son prix est généralement plus bas, ce qui convient aux petits budgets. Le « Curly Coat » est le modèle classique, frisé, avec un entretien qui varie selon l’intensité des boucles. Renseignez-vous sur le type de votre futur cheval.

Le saviez-vous : le gène des boucles

Le gène responsable des boucles s’appelle KRT25. Il modifie la structure de la kératine du poil, et c’est une mutation dominante : si un parent le porte, le poulain a une chance de friser. Certains curlies sont homozygotes et transmettent la frisure à 100 % de leurs poulains. Ces étalons et ces juments sont très recherchés des éleveurs.

Questions fréquentes sur le cheval curly

Un cheval vraiment hypoallergénique

Non, le risque zéro n’existe pas en matière d’allergie. La majorité des personnes allergiques le tolèrent toutefois bien. Faites un essai réel avant l’achat.

Les boucles en été

La plupart des curlies perdent leur pelage d’hiver et leurs boucles. Ils les gardent souvent dans les crins et les oreilles, et la robe d’été est beaucoup plus rase.

La compétition officielle

Le curly est autorisé en compétition comme tous les autres chevaux. On le voit surtout en TREC, en endurance et en équitation western.

La taille moyenne

Elle se situe généralement entre 1,45 m et 1,60 m au garrot. Il existe aussi des poneys curlies plus petits, le standard est assez large sur ce point.

L’alimentation

Pas de ration spéciale, mais il grossit très facilement. Privilégiez les fourrages pauvres en sucre et évitez les excès de céréales pour prévenir la fourbure.

L’entretien de la crinière

Évitez de brosser la crinière trop souvent pour ne pas casser les crins. Le démêlage aux doigts vaut mieux, et des tresses lâches protègent les crins longs.

Le prix moyen

Entre 4 000 et 8 000 euros pour un cheval adulte prêt à monter, et entre 2 500 et 4 500 euros pour un poulain. Le prix dépend des origines, du modèle et du niveau de dressage.

L’origine du nom « Bashkir »

Il vient d’une ancienne confusion avec une race russe des monts Oural. Les études génétiques n’ont pas confirmé de lien direct, et le nom officiel privilégie désormais « American Curly ».

Laurent

Passionné d'équitation depuis plus de 30 ans, Laurent est journaliste et a collaboré avec des titres comme Cheval Magazine, l' Éperon, Sport Éco. Il a aussi pratiqué le dressage et le CSO en compétition, et d'autres disciplines équestres.