You are currently viewing Vermifuger un cheval : pourquoi et comment ?

Vous aimez votre cheval. Vous veillez donc à sa santé au quotidien. La gestion du parasitisme interne, notamment quand il s’agit de vermifuger un cheval, est fondamentale. Les parasites menacent silencieusement son bien-être. Ils peuvent causer de graves problèmes de santé. Sans une gestion rigoureuse, les conséquences sont sérieuses. Ce guide pratique détaille la vermifugation équine. Nous allons expliquer pourquoi et comment agir efficacement. Vous apprendrez les bonnes pratiques. Vous saurez comment protéger votre compagnon des dangers des vers. C’est un acte de soin essentiel pour sa longévité.

la vermifugation est-elle indispensable ?

Tous les chevaux hébergent naturellement des parasites. Ils vivent en équilibre avec une population de vers. Une infestation modérée reste souvent gérable. L’organisme du cheval lutte contre eux. Cependant, une prolifération devient très dangereuse. Les vers spolient les nutriments de votre cheval. Ils affaiblissent son système immunitaire. Ils causent aussi des lésions physiques internes. Vermifuger un cheval n’est pas une option. C’est une nécessité pour le maintenir en forme. Vous prévenez ainsi les coliques. Vous assurez son confort digestif.

Comprendre les dangers des parasites internes

Les parasites ne font pas que « voler » la nourriture. Leurs actions sont bien plus néfastes. Certains migrent à travers l’organisme. Les larves de grands strongles lèsent les artères. Elles peuvent boucher des vaisseaux sanguins. Elles provoquent ainsi des coliques graves. Les petits strongles (cyathostomes) sont très courants. Leurs larves s’enkystent dans la paroi digestive. Elles y restent durant des mois. Leur libération massive au printemps est parfois fatale. Ne sous-estimez jamais l’impact de ces ennemis invisibles.

Les signes d’une infestation parasitaire

Vous devez observer attentivement votre cheval. Certains signes doivent vous alerter. Un poil terne et piqué est un premier indice. Le cheval maigrit malgré un bon appétit. Vous notez parfois des diarrhées. Le ventre peut sembler ballonné. Chez le poulain, la croissance ralentit fortement. Des coliques sourdes et répétées apparaissent aussi. Le cheval peut se gratter la base de la queue. Cela signe la présence d’oxyures. Agissez avant que ces symptômes n’apparaissent.

Quand devez-vous vermifuger votre cheval ?

La méthode de vermifugation a beaucoup évolué. Nous avons quitté le traitement systématique. Aujourd’hui, nous privilégions la vermifugation raisonnée. Elle est plus efficace. Elle est aussi plus respectueuse du cheval. Notamment parce qu’elle limite le développement de résistances.

Le mythe de la vermifugation systématique

Autrefois, on conseillait de vermifuger tous les 3 mois. On utilisait une molécule différente à chaque fois. Cette méthode est désormais obsolète. Elle crée d’énormes problèmes de résistance. Les vermifuges deviennent moins efficaces. Vermifuger sans savoir est souvent inutile. C’est aussi coûteux. Vous traitez parfois un cheval qui n’en a pas besoin. Vous devez adopter une stratégie plus intelligente.

Une vidéo de l’IFCE sur la vermifugation raisonnée

L’importance de la coproscopie

La coproscopie est votre meilleur outil de diagnostic. C’est une analyse des crottins. Votre vétérinaire ou un laboratoire vétérinaire peut réaliser cet examen. Il consiste à compter le nombre d’œufs par gramme de crottin. Cet examen identifie les chevaux « grands excréteurs« . Ces derniers contaminent beaucoup les pâtures. Avec cette analyse, vous ne traitez que les chevaux qui le nécessitent. D’autre part, la coproscopie guide votre choix de traitement. En particulier parce qu’elle permet de cibler les parasites présents.

Établir un calendrier de vermifugation raisonnée

Discutez longuement avec votre vétérinaire. Établissez ensemble un plan de gestion. Ce plan dépend de plusieurs facteurs. L’âge de votre cheval est crucial. Son mode de vie (box, pré) aussi. L’historique des pâtures compte énormément. Généralement, un ou deux traitements par an suffisent. Un traitement majeur vise les larves enkystées. Il se fait souvent en fin d’automne. Un autre peut cibler le ténia. Les coproscopies régulières ajustent ce plan.

Quels sont les différents types de parasites équins ?

Votre cheval affronte plusieurs familles de vers. Chaque famille a ses propres dangers. Vous devez les connaître pour mieux les combattre.

Les grands strongles (Strongylus vulgaris)

Ils sont historiquement les plus dangereux. Leurs larves migrent vers les vaisseaux sanguins. Elles s’installent dans l’artère mésentérique. Elles provoquent des artérites. Ces lésions causent des coliques thrombotiques. Heureusement, les vermifuges modernes les contrôlent bien.

Les petits strongles (cyathostomes)

Ce sont les parasites les plus fréquents aujourd’hui. Les larves s’enkystent dans l’intestin. Elles y forment des petits kystes. Elles peuvent rester endormies des mois. Au printemps, elles émergent toutes en même temps. Cela provoque une diarrhée sévère (cyathostomose).

Les ascaris (Parascaris equorum)

Ils touchent principalement les poulains. Les chevaux adultes y sont souvent immunisés. Ces vers sont très grands. Ils peuvent atteindre 40 centimètres de long. Ainsi, ils peuvent occasionner Ils des retards de croissance. Ils peuvent aussi obstruer l’intestin. Une infestation massive provoque une rupture intestinale.

Les ténias (Anoplocephala)

Ces vers plats se fixent à la jonction de l’intestin grêle. Ils ont besoin d’un hôte intermédiaire. C’est un acarien (l’oribate) présent dans l’herbe. Ils provoquent des ulcérations. Ils augmentent fortement le risque de coliques.

Les gastérophiles (larves de mouches)

Ce ne sont pas des vers. Ce sont des larves de mouches. Les mouches adultes pondent des œufs jaunes sur les membres. Le cheval se lèche. Les larves éclosent dans sa bouche. Elles migrent ensuite dans l’estomac où elles s’y fixent pour l’hiver. Elles causent des irritations et des ulcères gastriques.

Choisir le bon vermifuge : les molécules actives

Ne choisissez pas votre vermifuge au hasard. Chaque molécule cible des parasites spécifiques. Votre vétérinaire vous prescrira le produit adapté. La rotation des molécules reste importante. Elle prévient les résistances.

Les benzimidazoles (Fenbendazole)

Cette famille est assez ancienne. Le fenbendazole est un exemple courant. Il est efficace contre de nombreux adultes. Il faut parfois l’administrer plusieurs jours. Malheureusement, les résistances sont très fréquentes. Son usage est donc plus limité.

Les lactones macrocycliques (Ivermectine, Moxidectine)

L’ivermectine est une molécule très polyvalente. Elle cible la plupart des nématodes. Elle agit aussi sur les gastérophiles. La moxidectine est plus puissante. Elle a une action rémanente plus longue. En effet, elle traite les cyathostomes enkystés. Elle est très précieuse.

Le pyrantel

Il est efficace contre les ascaris. Il agit aussi sur les ténias avec un dosage plus important. Ce produit existe sous forme de pâte orale. On le trouve aussi en granulés.

Le praziquantel (contre le ténia)

Cette molécule est spécifique au ténia. Elle est très efficace contre ce parasite. Elle est souvent associée à l’ivermectine. Cette combinaison offre un large spectre. C’est un traitement complet.

Comment administrer correctement le vermifuge ?

L’administration du vermifuge doit être précise. Un sous-dosage est très grave. Il ne tue pas tous les vers. Il favorise l’apparition de résistances. Les vers survivants transmettent cette résistance.

Étape 1 : Préparer le cheval et le matériel

Vous devez connaître le poids de votre cheval. Utilisez un ruban barymétrique. Cet outil estime le poids assez précisément. Pesez toujours votre cheval. Réglez ensuite la bague de la seringue. Elle doit correspondre au poids exact. Assurez-vous que la bouche du cheval est vide. Il ne doit pas y avoir de nourriture.

Étape 2 : Administrer la pâte orale

Tenez fermement votre cheval au licol. Abordez-le calmement. Insérez la seringue au niveau de la commissure des lèvres. C’est la zone sans dents. Dirigez l’embout vers le fond de la langue. Poussez le piston d’un coup sec. Videz l’intégralité de la seringue.

Étape 3 : S’assurer de la bonne ingestion

Retirez la seringue. Relevez immédiatement la tête du cheval. Maintenez-la en hauteur quelques secondes. Massez la gorge pour encourager la déglutition. Observez votre cheval. Vérifiez qu’il n’a pas recraché le produit. Certains chevaux sont experts pour cela.

Gérer l’après-vermifugation

Ne mettez pas votre cheval au pré tout de suite. Gardez-le en box ou en paddock 48 heures. Les parasites morts ou les œufs sont expulsés. Ils contamineraient la pâture. Ramassez et détruisez ces crottins. Ne les mettez pas sur votre tas de fumier.

La gestion de l’environnement : une clé de la prévention

Vermifuger un cheval est nécessaire. Mais cela ne suffit pas. Vous devez gérer activement vos pâtures. C’est 80% de la lutte parasitaire. Un pré propre limite l’infestation.

L’entretien des pâtures

Ramassez les crottins très régulièrement. Idéalement, faites-le deux fois par semaine. Cela brise le cycle de vie des parasites. Les larves n’ont pas le temps de devenir infestantes. C’est un travail fastidieux mais payant.

La rotation des parcelles

Pratiquez la rotation des pâtures. Ne laissez pas vos chevaux toujours au même endroit. Laissez les parcelles au repos plusieurs mois. Le soleil et le gel tuent de nombreuses larves. Vous pouvez aussi herser par temps très sec. L’alternance avec d’autres espèces est idéale. Les bovins ou moutons ingèrent les larves équines. Celles-ci ne survivent pas chez eux.

Gérer les nouveaux arrivants

Isolez tout nouveau cheval. C’est la quarantaine obligatoire. Elle doit durer au moins deux semaines. Faites une coproscopie à son arrivée. Vermifugez-le avec une molécule adaptée. Attendez 48 à 72 heures après le vermifuge. Vous pouvez ensuite l’introduire au pré.

Les cas particuliers : poulains et juments gestantes

Le poulain est très sensible aux parasites. Il rencontre les ascaris très tôt. Il nécessite un protocole spécifique. Commencez à le vermifuger vers l’âge de 2 mois. Votre vétérinaire établira le calendrier. La jument gestante doit être vermifugée. Traitez-la un mois avant la mise bas. Cela protège le poulain. Utilisez toujours des molécules sûres pour la gestation. Demandez conseil à votre vétérinaire.


FAQ : Vermifuger un cheval

1. À quelle fréquence dois-je vermifuger mon cheval ? Il n’y a pas de fréquence fixe. La vermifugation dépend des résultats de la coproscopie. Elle varie selon l’âge et le mode de vie. Discutez-en avec votre vétérinaire.

2. La coproscopie est-elle vraiment fiable ? Oui, c’est un outil très fiable. Elle mesure l’excrétion d’œufs. Elle ne détecte pas les larves enkystées. Cette analyse reste la base de la vermifugation raisonnée.

3. Mon cheval vit au box, doit-il être vermifugé ? Oui, mais moins souvent. Un cheval au box s’infeste peu. Il peut s’infester via le foin ou des sorties. Une coproscopie annuelle est recommandée.

4. Que faire si mon cheval recrache le vermifuge ? Essayez d’estimer la quantité recrachée. Si elle est importante, contactez votre vétérinaire. Vous devrez peut-être ré-administrer une partie de la dose. Ne le faites pas sans avis médical.

5. L’ail ou la terre de diatomée sont-ils efficaces ? Non. Aucune étude scientifique sérieuse ne prouve leur efficacité. Ils ne remplacent en aucun cas un vermifuge chimique. Ils peuvent même être toxiques à haute dose.

6. Qu’est-ce que la résistance aux vermifuges ? C’est la capacité d’un parasite à survivre à un traitement. L’usage excessif des vermifuges a créé des « super-vers ». C’est pourquoi la vermifugation raisonnée est vitale.

7. Quand vermifuger contre le ténia ? La coproscopie détecte mal le ténia. On recommande souvent un traitement annuel. Il se fait généralement à l’automne. Il utilise une molécule spécifique (praziquantel).

8. Puis-je vermifuger une jument pleine ? Oui, c’est même recommandé. Vous devez le faire avant la mise bas. Utilisez uniquement des molécules testées. Elles ne doivent présenter aucun risque pour la gestation.