Accessoire indispensable du cavalier, le tapis de selle dépasse la simple fonction esthétique pour devenir un outil technique. Véritable interface entre le dos du cheval et la selle, le tapis d’équitation garantit le confort de votre monture. Son choix demande une attention particulière et une connaissance pointue des matériaux. Découvrez comment sélectionner cet équipement crucial pour la santé de votre cheval.
- Un rôle crucial pour la protection du dos
- Le choix des matières premières : entre tradition et innovation
- Adapter la forme à votre discipline équestre
- L'importance vitale de la coupe anatomique
- Le matelassage et l'épaisseur : trouver le juste milieu
- Entretien et hygiène des tapis d'équitation
- Personnalisation et esthétique sur les terrains
- Savoir identifier l'usure d'un tapis d'équitation
- L'innovation technologique au service du dos
- Conclusion : un investissement pour la santé
Un rôle crucial pour la protection du dos
Le tapis ne sert pas uniquement à faire joli sur les terrains de concours. Il assure avant tout une fonction d’amortisseur entre la selle et le dos du cheval. Votre selle, aussi bien adaptée soit-elle, exerce des pressions sur la colonne vertébrale. Le tapis vient tamponner ces pressions pour préserver l’intégrité physique de l’animal.
Il absorbe également la transpiration générée lors de l’effort physique. La sueur, riche en sel, peut devenir irritante si elle stagne sous le cuir de la selle. Le tissu du tapis capte cette humidité et l’évacue vers l’extérieur. Vous évitez ainsi les échauffements et les blessures cutanées appelées « gonfles ».
Considérez le tapis comme une chaussette de sport pour votre cheval. Vous ne courriez pas un marathon avec des chaussettes mal ajustées ou en matière synthétique irritante. Appliquez cette même logique pour le confort de votre partenaire équin. Un bon équipement prévient les douleurs dorsales à long terme.
Le choix des matières premières : entre tradition et innovation
Le marché propose une vaste gamme de textiles aux propriétés très différentes. Le coton reste une valeur sûre et traditionnelle appréciée pour son pouvoir absorbant. Cette fibre naturelle respecte l’épiderme du cheval et se lave très facilement en machine. Optez pour un coton épais, souvent structuré en nid d’abeille.
Le mouton véritable représente le summum du confort et de l’amorti naturel. Cette matière régule parfaitement la température et limite les frottements excessifs. Elle convient particulièrement aux chevaux à la peau sensible ou au dos fragile. Attention toutefois à l’entretien qui demande plus de délicatesse.
Les matériaux synthétiques modernes offrent désormais des performances techniques remarquables. Le mesh ou les tissus Coolmax favorisent une évacuation ultra-rapide de la transpiration. Ces textiles sèchent en un temps record après le travail. Ils séduisent les cavaliers de sport et d’endurance pour leur légèreté.
Adapter la forme à votre discipline équestre
Chaque discipline impose une forme de selle spécifique et donc un tapis adapté. Le modèle mixte ou CSO présente une coupe avancée pour suivre les quartiers de la selle d’obstacle. Il dégage bien l’épaule pour ne pas gêner le mouvement lors du saut.
Pour le dressage, privilégiez un tapis à la coupe droite et aux quartiers longs. Il doit descendre bas pour protéger le flanc du cheval sous les longues sangles de dressage. L’esthétique joue aussi un rôle, avec souvent des coloris sobres et élégants comme le blanc ou le noir.
Les randonneurs se tourneront vers des modèles à grandes poches ou des tapis de forme western. Ces derniers sont plus épais et couvrent une surface dorsale plus importante. Ils répartissent le poids des sacoches sur de longues distances. Vérifiez toujours la compatibilité avec votre selle de randonnée.
L’importance vitale de la coupe anatomique
La coupe du tapis détermine son maintien et son confort durant la séance. Bannissez les tapis totalement plats qui appuient sur le garrot une fois sanglés. Cherchez systématiquement une coupe anatomique, c’est-à-dire une ligne de dos incurvée.
Cette forme épouse la courbe naturelle de la colonne vertébrale du cheval. Elle permet de « dégarrotter » facilement, un geste technique essentiel avant de sangler. Le tissu ne doit jamais exercer de pression directe sur les vertèbres ou le garrot. Une coupe haute libère le mouvement de l’encolure et des épaules.
Certains modèles intègrent des renforts en cuir ou en vinyle au passage de sangle. Ces zones subissent des frottements intenses et s’usent prématurément sans protection. Vérifiez la présence de ces empiècements pour garantir la durabilité de votre achat. Les passants de sangle assurent quant à eux la fixité du tapis.
Dimensions historiques et évolution du tapis d’équitation
L’utilisation d’une protection sous la selle remonte à l’Antiquité. Les cavaliers utilisaient jadis des couvertures en laine pliées ou des peaux de bêtes. L’objectif restait primaire : protéger les flancs de la monture contre le frottement du harnachement rudimentaire. Au Moyen Âge, les housses richement brodées, appelées caparaçons, affichaient le rang social du chevalier.
La démocratisation de l’équitation de loisir au XXe siècle a transformé cet objet utilitaire. Les fabricants ont intégré des mousses techniques et des fibres intelligentes issues de l’aéronautique. Le tapis est devenu un produit de haute technologie. Aujourd’hui, on parle de pad correcteur ou de tapis à mémoire de forme.
Le matelassage et l’épaisseur : trouver le juste milieu
L’épaisseur du tapis ne doit pas modifier l’équilibre de votre selle. Une selle parfaitement adaptée à votre cheval ne nécessite qu’un tapis fin. Ajouter une épaisseur trop importante risquerait de comprimer le garrot et de pincer les muscles dorsaux.
Le matelassage joue un rôle dans la respirabilité et la tenue du tapis. Les petits carreaux ou les surpiqûres en vagues maintiennent la mousse intérieure en place. Un matelassage dense offre une meilleure tenue dans le temps et évite les plis. Les tapis trop mous finissent par glisser vers l’arrière sous la selle.
Pour les selles un peu larges, un tapis épais ou avec amortisseur intégré peut compenser le vide. C’est une solution temporaire utile pour un cheval qui a perdu de la masse musculaire. Soyez vigilant et vérifiez régulièrement l’évolution de la musculature du dos. Adaptez l’épaisseur en fonction des changements morphologiques de votre monture.
Entretien et hygiène des tapis d’équitation
Un tapis sale devient rigide et irritant pour la peau du cheval. La sueur séchée forme une croûte de sel abrasive, comparable à du papier de verre. Brossez l’intérieur du tapis après chaque utilisation avec une brosse dure. Vous éliminerez ainsi les poils morts et la poussière accumulée.
Lavez régulièrement votre équipement en machine à 30 degrés. Utilisez une lessive douce, hypoallergénique si possible, pour éviter les réactions cutanées. Évitez absolument l’adoucissant qui altère les fibres et réduit la capacité d’absorption du tissu. Fermez les velcros avant le lavage pour ne pas abîmer le tissu extérieur.
Le séchage doit se faire à l’air libre, loin d’une source de chaleur directe. Le sèche-linge est à proscrire car il casse les fibres et rétrécit le coton. Étendez le tapis bien à plat pour qu’il conserve sa forme initiale. Stockez vos tapis propres dans un endroit sec, à l’abri des rongeurs.
Les astuces pour raviver vos tapis d’équitation
Pour redonner de l’éclat à un tapis blanc terni, ajoutez du bicarbonate de soude. Une cuillère dans le tambour de la machine suffit souvent à raviver la couleur. Pour les tapis colorés, un peu de vinaigre blanc fixe les teintes lors du premier lavage.
Personnalisation et esthétique sur les terrains
Le tapis est devenu le support privilégié pour exprimer votre style ou les couleurs de votre écurie. Les marques proposent des collections saisonnières suivant les tendances de la mode vestimentaire. Cordellettes, strass, bordures contrastées : les options de personnalisation sont infinies.
Broder le nom du cheval ou le logo du club est une pratique courante. Cela permet d’identifier facilement votre matériel dans une sellerie commune. Attention toutefois à l’emplacement de la broderie. Elle ne doit pas se situer sous la zone de frottement de la botte ou de la sangle.
Pour les concours officiels, vérifiez toujours le règlement de votre fédération. Certaines disciplines imposent encore le tapis blanc ou des couleurs sobres. D’autres autorisent plus de fantaisie, notamment dans les épreuves poneys ou le cross. Soyez élégant mais restez conforme aux exigences des juges.
Savoir identifier l’usure d’un tapis d’équitation
Un tapis n’est pas éternel et ses qualités techniques s’altèrent avec le temps. Observez l’état du tissu intérieur au niveau du garrot et des reins. Si le tissu est élimé, troué ou devenu rêche, il est temps de le changer. Une doublure abîmée causera inévitablement des blessures de frottement.
La mousse intérieure perd aussi de son élasticité et de son pouvoir amortissant. Appuyez avec votre pouce sur la zone de l’assise. Si la mousse ne reprend pas sa forme ou semble compactée, le tapis est « mort ». Il n’assure plus son rôle de protection contre les chocs.
Les coutures et les liserés doivent rester intacts pour ne pas créer de points de pression. Un galon décousu peut former un petit bourrelet très inconfortable sous la selle. Inspectez votre matériel régulièrement sous toutes les coutures pour garantir le bien-être de votre cheval.
L’innovation technologique au service du dos
Les fabricants développent des textiles techniques inspirés du sport humain de haut niveau. On trouve désormais des tapis en fibres de céramique. Ces textiles renvoient la chaleur corporelle sous forme de rayons infrarouges lointains. Cela stimule la circulation sanguine et décontracte les muscles du dos.
Les tissus à structure 3D ou spacer offrent une ventilation exceptionnelle. L’air circule librement entre les couches de tissu, rafraîchissant le dos durant l’effort. C’est une technologie idéale pour les chevaux qui transpirent abondamment ou le travail en été.
Certains modèles intègrent des poches à cales modifiables. Vous pouvez insérer des feutres pour corriger temporairement l’équilibre de la selle. C’est un outil précieux pour les chevaux en croissance ou en rééducation. Faites-vous accompagner par un saddle fitter pour utiliser ces corrections à bon escient.
Conclusion : un investissement pour la santé
Ne négligez jamais la qualité de ce qui touche directement la peau de votre cheval. Un bon tapis d’équitation est un investissement rentable pour la santé locomotrice de votre monture. Il prévient les douleurs, améliore le confort et optimise vos performances sportives. Prenez le temps de choisir la forme, la matière et la technicité adaptées. Votre cheval vous remerciera par sa disponibilité et son aisance dans le travail.
FAQ : Tout savoir sur le tapis d’équitation
Pourquoi mon tapis recule-t-il sous la selle ?
Le glissement indique souvent une selle inadaptée à la morphologie du cheval ou un sanglage insuffisant. Un tapis trop plat sur un garrot saillant peut aussi en être la cause. Utilisez des passants de sangle ou un sous-tapis antidérapant.
Peut-on mettre un tapis directement sur un dos tondu ?
Oui, à condition que le tissu soit propre et doux, comme du coton ou du mouton. Surveillez l’apparition de zones de frottement sur la peau sensible après la tonte. L’utilisation d’un fourreau de sangle en mouton est recommandée.
Faut-il dégarrotter avec tous les types de tapis ?
Absolument, le dégarrotage est un geste de sécurité indispensable quelle que soit la forme du tapis. Il libère le garrot de toute pression et prévient les nécroses tissulaires graves. Vérifiez l’espace disponible même après avoir sanglé et monté à cheval.
Quelle est la durée de vie moyenne d’un tapis ?
Cela dépend de la fréquence d’utilisation et de la qualité de l’entretien, généralement deux à trois ans. Un usage quotidien usera la mousse et le tissu beaucoup plus rapidement. Remplacez-le dès que le matelassage s’écrase ou durcit.
Encore à savoir sur les tapis d’équitation
Le tapis en gel remplace-t-il le tapis classique ?
Non, le gel est généralement un amortisseur qui se pose sur le tapis, et non à même la peau. Il complète l’action du tapis mais ne remplace pas ses fonctions d’absorption de sueur. Certains tapis intègrent toutefois une couche de gel sur le dessus.
Comment laver un tapis avec de la vraie peau de mouton ?
Utilisez impérativement une lessive spéciale pour cuir et laine contenant de la lanoline. Sélectionnez un cycle « laine » ou « délicat » à froid et essorez très doucement. Laissez sécher à l’ombre et brossez la laine pour lui redonner du volume.
Est-ce que l’épaisseur du tapis modifie la taille de la selle ?
Oui, un tapis très épais réduit l’espace disponible sous l’arcade de la selle. Cela peut rendre une selle étroite encore plus serrée et douloureuse pour le cheval. Tenez compte de l’épaisseur lors des essais de votre selle.
Pourquoi existe-t-il des formes différentes selon les disciplines ?
La forme du tapis suit la découpe des quartiers de la selle pour éviter les surépaisseurs gênantes. En dressage, les quartiers sont longs et verticaux ; en obstacle, ils sont courts et avancés. Le tapis doit couvrir toute la surface de contact des panneaux.
