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Le vent souffle sur les plaines infinies de l’Argentine. Un cavalier surveille son troupeau à l’horizon. Sa monture reste calme et attentive. Ce cheval possède une histoire fascinante. Il incarne la robustesse et la fidélité. Vous allez découvrir aujourd’hui le Criollo. Cette race détient une réputation mondiale pour son endurance. Les amateurs de randonnée l’adorent. Les passionnés d’équitation de travail le plébiscitent. Plongeons ensemble dans l’univers de ce petit cheval au grand cœur.

Une histoire forgée par la nature et la sélection

L’origine du Criollo remonte au XVIe siècle. Les conquistadors espagnols débarquent alors en Amérique du Sud. Ils amènent avec eux leurs meilleures montures. Vous y trouvez des chevaux Andalous et des Barbes. Pedro de Mendoza fonde Buenos Aires en 1535. Mais les colons doivent fuir peu après. Ils abandonnent leurs chevaux sur place. Ces animaux retournent alors à l’état sauvage. Ils s’adaptent à un environnement hostile. La sélection naturelle commence son œuvre impitoyable.

Seuls les individus les plus forts survivent. Ils affrontent des climats extrêmes. Ils résistent à la faim et à la soif. Les prédateurs éliminent les plus faibles. Quatre siècles passent ainsi dans la Pampa. La nature sculpte un cheval rustique. Il devient compact et musclé. Sa santé devient de fer. Les Indiens locaux commencent à les domestiquer. Les Gauchos adoptent ensuite ces montures exceptionnelles. Ils réalisent la valeur de ce partenaire infatigable. Le Criollo devient l’emblème de la culture argentine.

Le rôle décisif du docteur Emilio Solanet

L’histoire moderne de la race doit beaucoup à un homme. Emilio Solanet était un éleveur visionnaire et passionné. Il a compris l’importance de préserver ce patrimoine génétique. Au début du XXe siècle, les croisements menaçaient la race. On importait des pur-sang anglais et des percherons. Le type originel risquait de disparaître. Solanet a parcouru la Patagonie. Il cherchait les troupeaux les plus purs. Pour cela, il a acheté des juments et des étalons typiques.

Il fonde l’association des éleveurs de Criollo en 1923. Il établit le standard officiel de la race. Son travail a permis de fixer les caractéristiques actuelles. Il a prouvé la supériorité du cheval indigène. Il organisait des tests d’endurance draconiens. Les chevaux devaient parcourir 750 kilomètres en 15 jours. Ils ne mangeaient que l’herbe trouvée en chemin. Aucune autre race ne pouvait rivaliser. Vous devez beaucoup à cet homme pour la race actuelle.

Caractéristiques physiques : la robustesse avant tout

Vous reconnaîtrez un Criollo au premier coup d’œil. Il dégage une impression de force concentrée. Sa taille reste modeste. Elle varie généralement entre 1,40 m et 1,50 m. Mais ne vous fiez pas à cette hauteur. Ce cheval possède une puissance redoutable. Son corps est près de terre. Son centre de gravité est bas. Cela lui confère un équilibre exceptionnel.

Observez sa tête. Elle est courte et large à la base. Son profil est rectiligne ou légèrement convexe. Ses oreilles sont petites et très mobiles. Son regard exprime une vivacité intelligente. L’encolure est musclée et bien attachée. Le garrot ressort bien du dos. Le dos est court et puissant. La croupe est arrondie et musclée. Les membres sont courts mais très solides. Les canons sont brefs. Les articulations sont larges et sèches.

Des pieds d’une solidité légendaire

Le point fort du Criollo réside dans ses pieds. La corne est noire et dure. Elle résiste aux terrains les plus agressifs. Beaucoup de propriétaires ne ferrent même pas leurs chevaux. Ils gardent leurs animaux « pieds nus ». La nature a éliminé les défauts d’aplomb. Le cheval marche droit et sûr. Il trébuche rarement. Vous apprécierez cette sûreté de pied en randonnée.

Sa peau est épaisse. Elle le protège des insectes et des épines. Sa crinière et sa queue sont fournies. Les crins sont gros et résistants. En hiver, son poil s’épaissit considérablement. Il peut affronter la neige sans couverture. En été, sa robe devient fine et brillante. Cette adaptation thermique est remarquable.

Une palette de couleurs infinie

La diversité des robes caractérise également le Criollo. Vous ne trouverez presque jamais deux chevaux identiques. La race accepte presque toutes les couleurs. Seul le « pintaloosa » (mélange pie et tacheté) est exclu. Les robes les plus courantes sont le bay, le zain et l’alezan. Mais les amateurs recherchent souvent des robes plus originales.

La robe « lobuno » (grullo) est très prisée. Elle rappelle la couleur du loup. La robe « gateado » (isabelle) est emblématique. Elle présente souvent une raie de mulet. Vous verrez aussi des zébrures sur les membres. Ces marques primitives témoignent de son ascendance ancienne. Les robes rouannes sont fréquentes. Le « rosillo » (aubère) mélange poils blancs et rouges. Le « moro » (bleu rouan) mélange poils blancs et noirs. Le pie (tobiano ou overo) existe aussi. Chaque cavalier peut trouver sa couleur préférée.

Un tempérament en or pour le cavalier d’extérieur

Le mental du Criollo séduit tous ses utilisateurs. C’est un cheval au sang froid. Il ne panique pas facilement. Son passé sauvage l’a rendu observateur. Il analyse la situation avant de réagir. Vous pouvez compter sur sa franchise. Il passe partout en extérieur. L’eau, les fossés ou les pentes raides ne l’effraient pas.

Il possède cependant une grande énergie. Ce n’est pas un animal lymphatique. Il répond instantanément aux demandes du cavalier. On appelle cela la « disponibilité ». Il peut passer du galop à l’arrêt en quelques mètres. Son caractère est volontaire. Il aime travailler et se rendre utile. Il s’attache fortement à son propriétaire. C’est souvent le cheval d’un seul homme.

Les Gauchos apprécient sa coopération. Il comprend vite ce qu’on attend de lui. Son instinct grégaire est fort. Il s’intègre bien dans un troupeau. Il respecte la hiérarchie établie. Vous aurez peu de problèmes de comportement avec lui. Son éducation est généralement aisée. Il pardonne les erreurs des débutants. Mais il ravit aussi les cavaliers experts par sa finesse.

L’équitation de travail et le tri de bétail

Le Criollo excelle dans le travail du bétail. Il possède le fameux « cow sense » (sens du bétail). Par exemple,il anticipe les mouvements de la vache. Il sait comment lui couper la route. Les Gauchos l’utilisent quotidiennement dans les estancias. Il doit trier, pousser et contenir les bêtes. Sa maniabilité est son meilleur atout. Il tourne sur les hanches avec une facilité déconcertante.

Cette aptitude a donné naissance à des compétitions. Le « Freno de Oro » est l’épreuve reine. Elle se déroule chaque année au Brésil. C’est l’événement majeur pour la race. Les meilleurs chevaux s’y affrontent. Les épreuves combinent dressage et travail sur bétail. Le cavalier doit montrer un contrôle absolu. Le cheval doit montrer puissance et soumission. Gagner ce titre assure une gloire immense à l’élevage.

Vous pouvez pratiquer ces disciplines en France. L’équitation western lui convient parfaitement. Le Cutting ou le Ranch Sorting sont dans ses cordes. Il rivalise souvent avec le Quarter Horse. Son agilité compense sa taille modeste. Il est vif et rapide sur de courtes distances. C’est un partenaire de jeu incroyable.

Le criollo en endurance et randonnée

L’endurance coule dans les veines du Criollo. Son métabolisme est fait pour l’effort long. Il récupère très vite après l’exercice. Son rythme cardiaque baisse rapidement. Il peut maintenir un galop cadencé pendant des heures. De nombreux cavaliers l’utilisent pour le TREC. Il brille par sa franchise sur les obstacles naturels.

En randonnée, il est le compagnon idéal. Il porte le cavalier et les sacoches sans fatigue. Son pas est sûr en montagne. Il ne craint pas les intempéries. Vous pouvez partir plusieurs jours en autonomie. Il se contentera de peu de nourriture. Il boit n’importe quelle eau. C’est un vrai 4×4 des sentiers.

Il existe aussi des compétitions d’endurance spécifiques. En Amérique du Sud, on pratique la « Marcha de Resistencia« . La course dure 15 jours sur 750 km. Les chevaux ne reçoivent aucun soin artificiel. Ils ne mangent pas de compléments. C’est le test ultime de la race. Seuls les plus rustiques terminent l’épreuve. Cela garantit la qualité des reproducteurs.


Encadré : L’épopée de Mancha et Gato

Vous ne pouvez pas parler du Criollo sans citer cette légende. En 1925, Aimé Tschiffely tente un pari fou. Ce professeur suisse veut rallier New York depuis Buenos Aires. Il choisit deux Criollos : Mancha et Gato. Ils ont respectivement 15 et 16 ans. Beaucoup les croient trop vieux. Le voyage dure trois ans. Ils parcourent plus de 21 000 kilomètres. L’équipage traverse même la cordillère des Andes. Ils franchissent des déserts brûlants. Ils survivent à la jungle tropicale. Mancha et Gato arrivent en pleine forme aux États-Unis. Ils deviennent des héros internationaux. Cette aventure a prouvé la supériorité de la race au monde entier. Leurs corps sont aujourd’hui empaillés au musée de Luján. Ils restent le symbole éternel de la résistance du Criollo.


Conseils d’élevage et d’entretien au quotidien

Le Criollo est un cheval « économique ». Il coûte peu cher en entretien. Il valorise très bien sa nourriture. Une herbe de qualité moyenne lui suffit souvent. Attention toutefois à la suralimentation. Ce cheval prend facilement du poids. Il est sujet à la fourbure si l’herbe est trop riche. Vous devez surveiller sa ligne.

Il préfère vivre dehors toute l’année. Le box n’est pas son habitat naturel. Un simple abri contre le vent lui suffit. Il supporte très bien la solitude ou la vie en groupe. Ses pieds demandent un parage régulier. Mais le ferrage n’est pas toujours obligatoire. Cela dépend de votre terrain et de votre activité.

Côté santé, il est très solide. Les maladies courantes l’atteignent rarement. Il a peu de problèmes de peau. Ses yeux sont sains. Les visites vétérinaires se limitent souvent aux vaccins. C’est un cheval qui vit vieux. Il n’est pas rare de voir des Criollos travailler jusqu’à 25 ans. Vous investissez sur le long terme avec cette race.

L’équipement adapté

Le Criollo porte traditionnellement un harnachement sud-américain. La selle de Gaucho se nomme le « recado« . Elle se compose de plusieurs couches de couvertures et de cuirs. Cette selle est très confortable pour les longues heures à cheval. Elle répartit bien le poids sur le dos.

Cependant, vous pouvez utiliser une selle classique. Une selle de randonnée convient parfaitement. Une selle western est aussi adaptée à sa morphologie. Attention à la longueur de la selle. Le dos du Criollo est court. La selle ne doit pas appuyer sur les reins. Choisissez un modèle avec un arçon large. Ses épaules sont souvent ouvertes.

Pour le mors, la main doit rester légère. Le Criollo est sensible de la bouche. Les Gauchos montent rênes longues. Le cheval se guide à l’assiette et à l’encolure (neck reining). Vous obtiendrez le meilleur de lui par la douceur. La force ne sert à rien avec ce petit guerrier.

Conclusion : Un partenaire pour la vie

Choisir un Criollo, c’est choisir l’authenticité. C’est inviter un peu de la Pampa chez vous. Ce cheval ne vous décevra jamais si vous le respectez. Il offre son cœur généreux à son cavalier. Par exemple, il est capable de tout faire. Sa polyvalence est sa plus grande force. Si vous cherchez la sécurité et l’endurance, ne cherchez plus. Le petit cheval des Gauchos est fait pour vous. Il transformera vos sorties en aventures inoubliables.


FAQ : Tout savoir sur le Criollo

Quelle est la taille moyenne d’un cheval Criollo ?

La taille standard se situe entre 1,40 m et 1,50 m au garrot. C’est un cheval compact mais porteur.

Le Criollo convient-il aux cavaliers débutants ?

Oui, son tempérament calme et équilibré le rend adapté aux débutants encadrés. Il est docile et pardonne les erreurs.

Peut-on laisser un Criollo vivre au pré toute l’année ?

Absolument, c’est son mode de vie idéal car il est très rustique. Il supporte bien le froid et les intempéries.

Quelle est la discipline de prédilection du Criollo ?

Il excelle en équitation de travail, en tri de bétail et en randonnée au long cours. L’endurance est son point fort.

Quelles sont les robes (couleurs) acceptées pour cette race ?

Presque toutes les robes sont admises, sauf le mélange pie et tacheté. Le gateado (isabelle) et le lobuno (grullo) sont typiques.

Le Criollo a-t-il besoin d’une alimentation spécifique ?

Non, il se contente de fourrage et d’herbe. Il faut surtout éviter la suralimentation pour prévenir l’obésité et la fourbure.

Quelle est l’espérance de vie d’un cheval Criollo ?

C’est un cheval particulièrement robuste qui vit longtemps. Il dépasse souvent les 30 ans et reste actif très tard.

Quel est le prix moyen d’un cheval Criollo en France ?

Le prix varie selon le niveau de dressage et les papiers. Comptez entre 3000 et 8000 euros pour un bon cheval.