Le Cob Normand incarne la polyvalence équine à la française. Entre le cheval de selle élégant et le cheval de trait puissant, ce demi-sang normand combine force, vivacité et endurance dans un format maniable. Longtemps méconnu au profit de ses cousins plus célèbres (Selle Français, Percheron), le Cob Normand connaît aujourd’hui un renouveau mérité grâce à ses qualités exceptionnelles qui en font un partenaire idéal pour de multiples disciplines équestres.
- L'histoire du Cob Normand, joyau méconnu de la Normandie
- Les caractéristiques morphologiques du Cob Normand
- Le tempérament équilibré du Cob Normand
- Les disciplines où excelle le Cob Normand
- Vivre avec un Cob Normand au quotidien
- Acquérir un Cob Normand
- Conclusion : le Cob Normand, polyvalence à la française
L’histoire du Cob Normand, joyau méconnu de la Normandie
Le Cob Normand possède une histoire intimement liée au patrimoine équestre normand, région qui a donné naissance à certaines des plus prestigieuses races équines françaises.
Les origines normandes ancestrales
La Normandie est depuis le Moyen Âge le berceau d’une tradition équestre exceptionnelle. Le Cob Normand descend des anciens chevaux carrossiers normands, ces chevaux puissants mais élégants qui tractaient les voitures de maître au trot relevé. Ces chevaux combinaient la force nécessaire pour mouvoir des attelages lourds avec l’élégance et la vitesse requises pour les déplacements aristocratiques.
Au XVIIIe et XIXe siècles, les éleveurs normands croisent leurs chevaux locaux robustes avec du sang anglais (Norfolk Trotter, Hackney, et même Pur-sang) pour créer un cheval de trait léger capable de vitesse au trot. Ces croisements produisent des chevaux compacts, musclés, au trot spectaculaire, utilisés pour l’attelage rapide, le travail agricole léger, et même la selle.
Le Cob Normand partage donc ses origines avec d’autres races normandes prestigieuses. Le Selle Français provient des mêmes souches avec davantage de sang pur-sang, orienté vers le sport de haut niveau. Le Percheron descend des traits lourds normands. Le Cob Normand occupe la position intermédiaire : plus puissant qu’un cheval de selle, plus léger et vif qu’un cheval de trait pur.
Le déclin et la confusion identitaire
Le XXe siècle marque une période difficile pour le Cob Normand. La mécanisation agricole réduit drastiquement les besoins en chevaux de travail. La spécialisation des races s’intensifie : pour le sport équestre, on préfère le Selle Français élégant ; pour le trait lourd, le Percheron s’impose. Le Cob Normand, entre deux catégories, perd sa place.
Pire encore, le Cob Normand subit une confusion identitaire. Pendant des décennies, il n’existe pas officiellement comme race distincte mais comme simple « type » au sein du registre du Percheron. Les éleveurs continuent de produire ces chevaux intermédiaires, mais sans reconnaissance officielle, sans promotion organisée, sans identité claire. Le risque de dilution et d’extinction plane.
Dans les années 1950-1970, les effectifs s’effondrent dramatiquement. Le Cob Normand semble condamné à disparaître, victime de la modernisation et de l’absence de débouchés clairement identifiés. Seule la passion de quelques éleveurs normands attachés à ce type de cheval permet la survie de quelques lignées.
La renaissance et la reconnaissance officielle
La prise de conscience de la valeur du Cob Normand intervient dans les années 1990-2000. Des éleveurs passionnés constatent que ce cheval intermédiaire répond parfaitement aux besoins contemporains : un cheval assez puissant pour l’attelage de loisir, assez léger pour être monté confortablement, au tempérament équilibré convenant aux amateurs.
En 2003, le Cob Normand obtient enfin sa reconnaissance officielle comme race distincte, séparé administrativement du Percheron. Un stud-book indépendant est créé, des standards morphologiques précis établis, une association d’éleveurs structurée. Cette reconnaissance marque le début d’un renouveau prometteur.
Aujourd’hui, le Cob Normand compte environ 1 000 à 1 500 individus, effectif modeste mais en progression régulière. La race reste classée « à petits effectifs » nécessitant une vigilance pour préserver la diversité génétique. Chaque naissance compte pour consolider l’avenir de cette race patrimoniale normande qui a failli disparaître.
Les caractéristiques morphologiques du Cob Normand
Le Cob Normand possède une morphologie distinctive qui le positionne comme cheval intermédiaire entre le trait léger et le cheval de selle robuste.
La taille et le format compact
Le Cob Normand mesure entre 1,55 m et 1,65 m au garrot, avec une moyenne autour de 1,58-1,60 m. Cette taille intermédiaire le rend accessible à une large gamme de cavaliers, du jeune adolescent à l’adulte robuste. Ni trop petit ni trop grand, il offre un compromis idéal pour la polyvalence.
Le format est résolument compact et puissant. Le corps est profond, large, avec des côtes bien cintrées offrant un volume thoracique important. Le dos est court et musclé, qualité essentielle pour porter efficacement le poids du cavalier ou pour l’attelage. Le rein est solide et bien attaché. L’ensemble dégage une impression de force contenue dans un volume harmonieux.
Le poids varie de 550 à 700 kg selon la taille et le type. Le Cob Normand est nettement plus substantiel qu’un cheval de selle classique, mais reste plus léger qu’un véritable cheval de trait. Cette masse intermédiaire lui confère stabilité et puissance tout en préservant agilité et maniabilité.
La tête expressive et typée
La tête du Cob Normand est de taille moyenne, bien proportionnée au corps, sans la finesse extrême d’un pur-sang ni la massivité d’un trait lourd. Le profil est rectiligne ou très légèrement convexe, jamais busqué. Le front est large, témoignant de l’intelligence caractéristique de la race.
Les yeux sont grands, expressifs, écartés, dégageant une impression de douceur et de vivacité mêlées. L’expression reflète le tempérament équilibré du Cob Normand : calme mais attentif, posé mais pas endormi. Les oreilles de taille moyenne sont bien orientées, mobiles, constamment en mouvement pour capter les informations de l’environnement.
Les naseaux sont larges et bien ouverts, les ganaches suffisamment espacées pour permettre une bonne flexion de l’encolure. Le chanfrein est de largeur moyenne. L’ensemble évoque un cheval de caractère, équilibré, ni trop chaud ni trop froid, reflet fidèle du tempérament réel de la race.
L’encolure et l’avant-main
L’encolure du Cob Normand est de longueur moyenne, bien greffée sur des épaules obliques. Elle est rouée (légèrement arquée), musclée sans excès, portée assez haut, donnant une allure fière au cheval. Cette conformation de l’encolure facilite le travail en flexion et permet un bon équilibre sous la selle.
Le garrot est modérément sorti, plus prononcé que chez un trait pur mais moins saillant que chez un cheval de sport. Cette caractéristique intermédiaire facilite le positionnement tant du harnais d’attelage que de la selle de monte. Le Cob Normand se harnache et se selle avec la même facilité, témoignage de sa polyvalence intrinsèque.
Les épaules sont longues et obliques, favorisant l’amplitude des mouvements et l’équilibre naturel. Cette angulation correcte explique en partie la qualité des allures du Cob Normand, particulièrement son trot réputé ample et cadencé. L’avant-main doit donner une impression de force sans lourdeur, d’élégance sans fragilité.
L’arrière-main puissante et les membres solides
L’arrière-main constitue le moteur de la puissance du Cob Normand. La croupe est large, arrondie, bien musclée, légèrement oblique. Les hanches sont larges et saillantes, les cuisses descendues et épaisses. Cette conformation génère la propulsion nécessaire tant pour l’attelage que pour le saut ou les déplacements rapides montés.
Les jarrets sont larges, forts, bien descendus, avec des angles modérés favorisant à la fois la puissance de poussée et l’absorption des chocs. Les grassets sont bien marqués. L’ensemble de l’arrière-main doit dégager une impression de puissance athlétique, capable d’efforts soutenus sans lourdeur excessive.
Les membres sont solides, avec une ossature substantielle et des articulations larges et nettes. Les canons sont courts et épais, les tendons bien détachés et apparents. Les fanons, crins longs derrière les canons, sont présents mais modérés chez le Cob Normand, contrairement aux races de trait pur. Cette modération facilite l’entretien tout en préservant l’esthétique traditionnelle.
Les pieds sont proportionnés à la masse, larges, avec une corne de bonne qualité. Les aplombs sont généralement corrects, résultat d’une sélection attentive des éleveurs. Des aplombs défectueux seraient rapidement problématiques chez un cheval destiné à porter du poids ou à tracter des charges.
Les robes variées du Cob Normand
Le Cob Normand présente une palette de robes assez diversifiée, reflet de ses origines multiples. Le bai domine, dans toutes ses nuances du bai clair au bai-brun foncé. L’alezan est également fréquent, du plus clair au plus brûlé. Le gris existe aussi, héritage probable des anciennes souches normandes.
Le noir, le rouan, et occasionnellement le isabelle ou le palomino complètent le spectre des robes possibles. Le standard accepte toutes ces robes unies. Les marques blanches (listes, balzanes) sont fréquentes et acceptées sans restriction particulière. Certains Cob Normands arborent de belles en-têtes et des balzanes hautes qui ajoutent à leur prestance.
La robe ne doit jamais primer sur la morphologie et le tempérament dans le choix d’un Cob Normand. Un cheval à la robe spectaculaire mais aux aplombs défectueux ou au caractère difficile ne sera jamais un bon représentant de la race. Les éleveurs sérieux sélectionnent d’abord sur la qualité intrinsèque, la robe n’étant qu’un bonus esthétique.
Le tempérament équilibré du Cob Normand
Le caractère du Cob Normand constitue l’un de ses atouts majeurs, expliquant son succès croissant auprès des cavaliers amateurs.
Le calme et la fiabilité
Le Cob Normand est reconnu pour son tempérament calme et équilibré. Ni trop chaud comme certains chevaux de sport, ni trop mou comme certains traits lourds, il trouve le juste milieu. Cette stabilité émotionnelle le rend prévisible et fiable, qualités essentielles pour les cavaliers de loisir, les familles, ou les pratiquants occasionnels.
Ce calme se manifeste dans toutes les situations : au montoir où le Cob Normand se tient tranquille, en extérieur où il conserve généralement son sang-froid face aux imprévus, au travail où il se concentre sans s’affoler. Cette fiabilité rassure les cavaliers peu expérimentés ou anxieux qui trouvent en lui un partenaire sécurisant.
Attention toutefois à ne pas confondre calme et absence de réactivité. Le Cob Normand reste attentif et réactif aux aides du cavalier. Il n’est pas un « bourrin » insensible nécessitant des sollicitations brutales. Bien éduqué, il répond à des aides fines et se montre coopératif et agréable à monter.
L’intelligence et la facilité d’apprentissage
Le Cob Normand fait preuve d’une intelligence remarquable qui facilite grandement son éducation et son dressage. Il comprend rapidement ce qu’on attend de lui, mémorise les exercices, et progresse régulièrement sans nécessiter de répétitions excessives. Cette faculté d’apprentissage le rend accessible à des cavaliers amateurs qui éduquent eux-mêmes leur cheval.
Cette intelligence implique aussi que le Cob Normand s’ennuie dans un travail trop répétitif ou dénué de sens. Il nécessite variété et stimulation pour conserver sa motivation. Alternez carrière et extérieur, dressage et obstacles, travail monté et à pied. Cette diversité maintient son intérêt et développe sa polyvalence naturelle.
Le Cob Normand possède également une bonne mémoire. Il retient durablement les leçons, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Un cheval bien éduqué conserve ses acquis longtemps, même avec des périodes d’arrêt. Inversement, une mauvaise expérience peut le marquer durablement, d’où l’importance d’une éducation progressive, patiente et positive.
La générosité et la volonté de coopérer
Le Cob Normand se distingue par sa générosité naturelle. Il donne volontiers, cherche à satisfaire son cavalier, et ne compte pas ses efforts. Cette bonne volonté caractéristique en fait un partenaire agréable qui transforme le travail en plaisir partagé plutôt qu’en combat permanent.
Cette générosité s’accompagne d’une certaine tolérance vis-à-vis des erreurs humaines. Le Cob Normand pardonne les maladresses du cavalier débutant, les imprécisions d’aides, les petites injustices. Cette indulgence le rend particulièrement adapté à l’enseignement et à l’équitation familiale où les niveaux sont hétérogènes.
Attention toutefois à ne jamais abuser de cette générosité. Le Cob Normand donne beaucoup, mais mérite en retour respect et considération. Un cheval sur-travaillé, mal nourri, ou traité injustement perdra progressivement sa motivation et sa coopération. Préservez son bien-être pour conserver cette complicité précieuse.
La sociabilité avec les congénères
Le Cob Normand est généralement sociable avec ses congénères. Habitué historiquement à vivre en groupe dans les haras normands, il supporte bien la cohabitation et s’intègre facilement dans un troupeau. Au pré, il développe des amitiés, respecte la hiérarchie, et se montre rarement agressif.
Cette sociabilité facilite grandement sa gestion quotidienne. Il peut cohabiter avec des chevaux de tous types et tempéraments. Les Cob Normands se montrent souvent protecteurs envers les plus jeunes ou les plus faibles du groupe, témoignant d’une certaine sensibilité sociale.
Avec l’humain, le Cob Normand développe facilement des relations affectueuses. Il apprécie les marques d’attention, les caresses, les moments de complicité. Certains sujets manifestent même un attachement marqué à leur propriétaire, hennissant à son arrivée ou le cherchant du regard. Cette dimension relationnelle enrichit considérablement l’expérience équestre.
Les disciplines où excelle le Cob Normand
La polyvalence constitue la signature du Cob Normand qui se montre compétent dans une étonnante variété de disciplines équestres, sous la selle ou à l’attelage.
L’attelage de loisir et de compétition
L’attelage représente la vocation historique du Cob Normand qui y excelle naturellement. Sa puissance lui permet de tracter confortablement des voitures à deux ou quatre roues. Son trot ample et régulier, héritage de ses ancêtres carrossiers, crée un spectacle élégant très apprécié. Sa docilité garantit la sécurité indispensable en attelage.
En attelage de tradition avec des voitures anciennes, le Cob Normand crée des tableaux d’authenticité très prisés pour les mariages, fêtes, reconstitutions historiques. Son allure noble et sa prestance le distinguent. En compétition d’attelage moderne (dressage, marathon, maniabilité), plusieurs Cob Normands se classent honorablement, démontrant que la polyvalence n’exclut pas la performance.
Les meneurs apprécient particulièrement l’équilibre du Cob Normand : suffisamment puissant pour l’effort soutenu, suffisamment léger pour conserver de la vitesse, suffisamment intelligent pour anticiper les demandes. Cette combinaison rare fait du Cob Normand un attelage idéal tant pour le débutant que pour le meneur confirmé.
L’équitation de loisir et la randonnée
Monté, le Cob Normand offre confort et sécurité aux cavaliers de tous niveaux. Son dos large et solide porte aisément des cavaliers corpulents que des chevaux plus légers refuseraient. Puis, son pas ample couvre efficacement le terrain. Et son trot confortable peut être soutenu longtemps sans fatiguer cavalier ni monture.
En randonnée, le Cob Normand démontre une endurance remarquable héritée de ses ancêtres parcourant les routes normandes. Il maintient facilement des moyennes de 8-10 km/h au pas sans se fatiguer, couvrant 30-40 km quotidiennement sur plusieurs jours sans difficulté. Sa robustesse le rend peu sujet aux boiteries ou aux problèmes de dos.
Son pied généralement sûr et sa prudence naturelle sécurisent le cavalier en terrain varié. Le Cob Normand évalue les difficultés, choisit ses passages, évite les dangers. Cette autonomie rassure particulièrement en montagne ou sur terrains accidentés où l’expérience du cheval compense l’inexpérience du cavalier.
Le dressage amateur et le travail à pied
En dressage de loisir, le Cob Normand progresse tout à fait correctement jusqu’aux niveaux club. Sa compacité facilite le rassembler et l’engagement des postérieurs. Son intelligence lui permet d’apprendre les mouvements complexes progressivement. Ses allures régulières et cadrées conviennent aux exigences du dressage amateur.
Le Cob Normand ne brillera probablement jamais en Grand Prix de dressage face à des races spécifiquement sélectionnées pour cette discipline. Mais il peut tout à fait se faire plaisir et progresser en amateur, participant à des concours club avec des résultats honorables. Cette accessibilité permet à des cavaliers modestes de goûter aux joies du dressage sans investir dans un cheval de sport onéreux.
Le travail à pied (longe, longues rênes, éthologie) convient parfaitement au Cob Normand qui y démontre toute son intelligence et sa coopération. Ces disciplines développent la complicité et l’écoute mutuelle, bases d’une équitation de qualité quelle que soit la race.
Le saut d’obstacles de loisir
Le Cob Normand saute volontiers et peut participer à des concours de niveau club. Sa puissance naturelle lui permet de franchir des hauteurs de 90 cm à 1,10 m selon les individus et leur préparation. Ensuite, sa franchise et son courage compensent une technique parfois sommaire. Enfin, sa régularité d’allures facilite l’abord des obstacles.
Le Cob Normand ne deviendra jamais champion de CSO international. Mais pour un cavalier amateur souhaitant s’amuser sur des parcours club sans viser la haute compétition, il offre un partenaire agréable, sécurisant, et capable de belles performances à son niveau. Cette accessibilité démocratise le saut d’obstacles.
Attention toutefois à ne pas sur-solliciter les articulations du Cob Normand en saut répété. Sa masse corporelle impose des contraintes mécaniques importantes lors de la réception. Un travail de saut modéré et intelligent préserve sa longévité. Privilégiez qualité sur quantité, gymnastique variée sur répétition intensive.
Le TREC et l’équitation de pleine nature
Le TREC (Techniques de Randonnée Équestre de Compétition) convient idéalement au Cob Normand. Sa franchise face aux obstacles naturels, sa prudence intelligente, son calme en toutes circonstances, et son endurance en font un concurrent redoutable. En PTV (Parcours en Terrain Varié), il franchit les difficultés avec assurance. En POR (Parcours d’Orientation et Régularité), il maintient des allures constantes sans s’affoler.
Les épreuves de maniabilité et de maîtrise des allures mettent en valeur l’éducation du Cob Normand et sa coopération avec le cavalier. Ces compétitions accessibles et conviviales correspondent parfaitement à l’esprit de la race : polyvalence, équilibre, partenariat.
L’équithérapie et la médiation équine
Le tempérament équilibré du Cob Normand, sa taille raisonnable, sa patience, et sa douceur en font un excellent médiateur pour l’équithérapie. Plusieurs structures médicalisées utilisent des Cob Normands pour travailler avec des publics fragiles : personnes handicapées, enfants en difficulté, personnes âgées.
Sa largeur offre une assise sécurisante, sa stabilité rassure, sa gentillesse met en confiance. Le Cob Normand tolère remarquablement bien les gestes brusques, les cris, les comportements inhabituels sans se départir de son calme. Cette tolérance exceptionnelle le rend précieux pour ces activités thérapeutiques où le cheval devient outil de soin et de développement personnel.
Vivre avec un Cob Normand au quotidien
Posséder un Cob Normand implique des spécificités liées à son format intermédiaire et à ses besoins.
L’alimentation équilibrée
Le Cob Normand possède un métabolisme efficace lui permettant de maintenir facilement son état corporel. Un sujet au travail léger se contente de foin de qualité à volonté et d’une petite ration de concentrés (1-2 kg quotidiens). Au travail intensif, augmentez à 3-4 kg selon l’effort fourni.
Surveillez le poids régulièrement. Le Cob Normand grossit facilement s’il est sur-alimenté ou insuffisamment travaillé. L’embonpoint menace sa santé (articulations, fourbure, système cardiovasculaire). Maintenez une note d’état corporel de 5-6 sur l’échelle de 9. On doit sentir les côtes sans les voir saillir.
Sur pâture, le Cob Normand valorise excellemment l’herbe. Attention aux prairies trop riches au printemps et à l’automne : limitez l’accès ou utilisez un panier pour ralentir l’ingestion. La fourbure guette les sujets gourmands vivant sur pâtures grasses sans exercice suffisant.
Le logement adapté
Le Cob Normand s’accommode bien de la vie au pré toute l’année. Robuste, il supporte le froid et l’humidité grâce à son poil épais en hiver. Un simple abri trois faces suffit pour le protéger des intempéries violentes. La vie extérieure favorise son équilibre physique et mental.
Si le box est nécessaire, prévoyez au moins 12 m² (3×4 m) pour permettre de se coucher confortablement. Assurez des sorties quotidiennes minimum de 4-6 heures, idéalement en paddock avec congénères. Le Cob Normand sociable supporte mal l’isolement prolongé.
Les clôtures doivent être solides. Un Cob Normand de 650 kg qui charge une clôture fragile la détruit facilement. Privilégiez les clôtures bois ou les rubans électrifiés résistants. Vérifiez régulièrement l’absence de fils barbelés qui pourraient blesser gravement.
Les soins réguliers
Les pieds du Cob Normand nécessitent un parage ou une ferrure toutes les 6-8 semaines. Choisissez un maréchal-ferrant expérimenté comprenant les spécificités des chevaux intermédiaires, ni pur trait ni pur sang. La qualité podologique étant généralement bonne, beaucoup de Cob Normands travaillent pieds nus.
Les fanons modérés demandent un entretien raisonnable. Après travail par temps boueux, nettoyez et séchez pour prévenir la gale de boue. Un brossage hebdomadaire des fanons évite l’accumulation de saleté. En hiver, certains propriétaires taillent légèrement pour faciliter l’hygiène.
Le Cob Normand jouit généralement d’une santé robuste et d’une longévité de 25-30 ans. Respectez le calendrier sanitaire standard : vermifugations raisonnées, vaccinations annuelles, soins dentaires réguliers. Sa rusticité limite les frais vétérinaires comparé à des races plus fragiles.
Acquérir un Cob Normand
Choisir un Cob Normand nécessite de contacter les bons interlocuteurs et de vérifier certains critères essentiels.
Où trouver un Cob Normand
L’Association des Éleveurs de Chevaux Cob Normand recense les éleveurs et publie des annonces. Ces éleveurs passionnés, principalement situés en Normandie mais aussi dans d’autres régions, produisent des poulains typés respectant le standard de la race.
Le prix d’un poulain Cob Normand varie de 2 000 à 4 000 euros selon les origines et le potentiel. Un adulte débourré coûte 4 000 à 10 000 euros selon l’âge, le niveau de dressage, et les aptitudes démontrées. Ces tarifs restent raisonnables comparés à des chevaux de sport de haut niveau.
Exigez les papiers officiels (carte d’immatriculation SIRE mentionnant la race Cob Normand) garantissant l’origine et permettant la reproduction. Sans papiers, le cheval perd de sa valeur et ne contribue pas à la préservation de la race. Vérifiez la généalogie, privilégiez les lignées reconnues pour leurs qualités.
Les critères de sélection
Au-delà de l’aspect esthétique, privilégiez le tempérament. Un Cob Normand doit être calme, manipulable, coopératif. Testez-le dans diverses situations : montoir, soins, travail monté, attelage si applicable. Observez son comportement avec d’autres chevaux et avec des inconnus.
Examinez attentivement la morphologie : aplombs corrects, dos solide, pieds sains, pas de tares rédhibitoires. Faites effectuer une visite vétérinaire d’achat incluant examen clinique complet, test de flexion des membres, et éventuellement radiographies des pieds selon votre projet.
Montez le cheval dans des conditions variées si possible : carrière, extérieur, avec d’autres chevaux. Évaluez ses allures, sa réactivité, son confort. Un essai d’une heure ne suffit pas : négociez si possible une période d’essai de quelques jours pour confirmer le coup de cœur et la compatibilité.
Conclusion : le Cob Normand, polyvalence à la française
Le Cob Normand incarne la polyvalence équine au meilleur sens du terme. Ni trop grand ni trop petit, ni trop lourd ni trop léger, ni trop chaud ni trop froid, il trouve constamment le juste équilibre. Cette modération dans tous les aspects en fait un cheval accessible, agréable, fiable pour une immense majorité de cavaliers.
Son tempérament équilibré – calme mais réactif, intelligent mais coopératif, généreux mais pas servile – le rend particulièrement adapté aux cavaliers amateurs qui cherchent un partenaire pour le plaisir plutôt qu’un athlète de compétition exigeant. Sa robustesse et sa longévité en font un investissement durable qui accompagne son cavalier pendant vingt ans ou plus.
Le Cob Normand représente aussi un patrimoine régional à préserver. Moins célèbre que le Selle Français ou le Percheron, il mérite amplement d’être connu, reconnu et soutenu. Chaque adoption d’un Cob Normand contribue à la sauvegarde de cette race qui a failli disparaître et qui aujourd’hui renaît grâce à la passion de quelques éleveurs normands attachés à leur terroir.
Choisir un Cob Normand, c’est opter pour l’authenticité, la polyvalence, l’équilibre. C’est aussi rejoindre une communauté encore restreinte mais passionnée qui œuvre quotidiennement pour faire connaître ce joyau méconnu de l’élevage équin français. Le Cob Normand mérite son heure de gloire, et chaque propriétaire devient ambassadeur de cette race exceptionnelle qui combine le meilleur de la tradition équestre normande dans un format accessible et attachant.
