Vous avez certainement déjà vu cette image fascinante. Un cheval relève sa tête, retrousse sa lèvre supérieure et dévoile ses gencives. On dirait vraiment qu’il vous offre son plus beau sourire. Cette expression, souvent interprétée comme un signe de joie, cache en réalité un mécanisme bien plus complexe. Comprendre le cheval qui sourit vous ouvre les portes du langage corporel équin. C’est un comportement courant, mais sa signification est souvent méconnue. Ce guide vous dévoile tout sur ce phénomène étonnant. Vous apprendrez à décoder ce « sourire » et à mieux communiquer avec votre compagnon.
Qu’est-ce que la réponse de Flehmen ?
Ce que vous percevez comme un sourire est en fait un comportement scientifique. Il porte le nom de réponse de Flehmen. Le mot Flehmen vient de l’allemand et signifie « retrousser la lèvre supérieure ». Il ne s’agit pas d’une émotion, mais d’une action purement instinctive et sensorielle. Le cheval utilise cette technique pour analyser des odeurs spécifiques. Il inhale l’air et dirige les molécules odorantes vers un organe sensoriel spécialisé.
Cet organe, appelé organe voméronasal ou organe de Jacobson, se situe dans le palais. Il est connecté à la fois aux cavités nasales et à la bouche. En retroussant sa lèvre, le cheval bloque temporairement ses naseaux. Il force ainsi l’air chargé d’odeurs à passer par cet organe d’analyse. Cela lui permet d’obtenir des informations très détaillées sur son environnement. C’est un sixième sens entièrement dédié à l’analyse des phéromones et des nouvelles senteurs.
Pourquoi un cheval « sourit »-il ? Les déclencheurs courants
Plusieurs situations peuvent provoquer la réponse de Flehmen. Vous l’observerez fréquemment dans la vie quotidienne de votre cheval. Chaque « sourire » est une quête d’informations.
L’analyse des odeurs et des phéromones
Le principal déclencheur reste l’exploration olfactive. Un cheval va « sourire » pour mieux comprendre les messages chimiques laissés par ses congénères. C’est un outil de communication essentiel au sein du troupeau. Par exemple, un étalon utilisera systématiquement le Flehmen en sentant l’urine d’une jument. Il peut ainsi déterminer si elle est en chaleur et prête pour la saillie. Les juments et les hongres le font également pour identifier d’autres chevaux. Ils analysent des crottins ou des marques d’urine pour savoir qui est passé par là.
La découverte de nouvelles saveurs
Un goût ou une odeur inhabituelle peut aussi déclencher ce comportement. Si vous introduisez un nouveau complément alimentaire, il est possible que votre cheval y réagisse. Il peut aussi le faire après avoir léché un objet au goût étrange ou après avoir reçu un médicament. C’est sa manière de décortiquer cette nouvelle information gustative. Il cherche à savoir si cette substance est sûre ou intéressante.
Une réaction à un environnement inconnu
Lorsque vous amenez votre cheval dans un nouveau lieu, vous l’observez peut-être faire le Flehmen. Une nouvelle prairie, un nouveau box ou une nouvelle carrière sont remplis d’odeurs inconnues. Le cheval « sourit » pour cartographier olfactivement son nouvel environnement. Il recueille des informations sur les autres chevaux qui sont passés avant lui. C’est une façon de prendre ses marques et de se sentir plus en sécurité.
Le « sourire » du cheval : une expression de bonheur ?
Il est crucial de ne pas tomber dans l’anthropomorphisme. Le cheval qui sourit n’exprime pas la joie comme un humain. Ce comportement est un réflexe sensoriel, non une manifestation de bonheur. Associer le Flehmen à une émotion positive est une erreur d’interprétation. Un cheval heureux montre son bien-être de manière bien plus subtile.
Pour savoir si votre cheval est heureux, observez plutôt d’autres signaux. Des oreilles détendues et tournées sur les côtés sont un bon indicateur. Des yeux doux et mi-clos montrent sa sérénité. Un cheval qui mâchonne doucement ou qui soupire profondément est souvent très relaxé. Une posture générale sans tension, avec un membre postérieur au repos, est également un excellent signe de contentement. Le vrai bonheur du cheval réside dans le calme et la quiétude.
Comment différencier le Flehmen d’un signe de douleur ?
Cette distinction est vitale pour tout propriétaire de cheval. Une lèvre supérieure retroussée peut parfois être un symptôme de douleur, notamment de coliques. Il faut donc être très vigilant au contexte et aux autres signaux corporels.
La réponse de Flehmen est généralement brève et ponctuelle. Elle est directement liée à la découverte d’une odeur. Le cheval semble curieux et reprend un comportement normal juste après.
En revanche, une lèvre retroussée associée à une douleur est différente. Elle peut être plus figée ou répétitive. Surtout, elle s’accompagne d’autres symptômes d’inconfort. Surveillez si votre cheval se regarde les flancs, gratte le sol, transpire excessivement ou refuse de s’alimenter. Il peut aussi se coucher et se relever sans cesse. Dans ce cas, le « sourire » est un signal d’alarme. Vous devez contacter votre vétérinaire sans tarder.
Peut-on apprendre à un cheval à « sourire » sur commande ?
Oui, il est tout à fait possible d’apprendre à un cheval à « sourire » sur commande. Ce tour amusant se base sur les principes du renforcement positif. Vous n’apprenez pas au cheval une nouvelle émotion. Vous lui demandez simplement de reproduire une action physique qu’il connaît déjà.
Pour ce faire, vous devez d’abord déclencher le Flehmen de manière naturelle. Présentez-lui une odeur forte qu’il ne connaît pas, comme celle d’une huile essentielle. Dès qu’il retrousse sa lèvre, associez l’action à un mot-clé (« souris ! ») et récompensez-le immédiatement avec une friandise. Répétez l’exercice lors de courtes séances. Progressivement, le cheval associera le mot-clé à l’action et à la récompense. Il finira par vous proposer le « sourire » sur simple demande verbale. Assurez-vous que l’apprentissage reste un jeu positif pour lui.
Foire aux questions (FAQ) autour du cheval qui sourit et son interprétation
1. Un cheval qui sourit est-il toujours heureux ? Non, absolument pas. Le « sourire » du cheval, ou réponse de Flehmen, est un comportement servant à analyser les odeurs. Il n’a aucun lien avec une émotion de joie ou de bonheur.
2. Quelle est la différence entre le Flehmen et un bâillement ? Le Flehmen implique de retrousser la lèvre supérieure pour analyser une odeur, la bouche restant fermée. Le bâillement, lui, consiste à ouvrir grand la bouche pour augmenter l’apport en oxygène et étirer les muscles de la mâchoire.
3. Les juments et les hongres font-ils aussi la réponse de Flehmen ? Oui. Bien que ce comportement soit plus fréquent et prononcé chez les étalons pour des raisons hormonales, les juments et les hongres l’utilisent également pour analyser leur environnement olfactif.
4. Mon cheval « sourit » quand je lui donne une friandise, pourquoi ? Il est probable qu’il analyse le goût ou l’odeur particulière de cette friandise. Son « sourire » est une réaction à une saveur nouvelle ou intense, et non une façon de dire « merci ».
5. Dois-je m’inquiéter si mon cheval fait souvent le Flehmen ? Non, si le comportement est ponctuel et lié à des odeurs. C’est une attitude naturelle. Cependant, si le « sourire » est constant et accompagné d’autres signes (agitation, sudation), il peut indiquer une douleur. Contactez alors votre vétérinaire.
6. Qu’est-ce que l’organe de Jacobson chez le cheval ? L’organe de Jacobson, ou organe voméronasal, est un organe sensoriel auxiliaire. Il est situé dans le palais et permet au cheval de faire une analyse chimique approfondie des odeurs et des phéromones.
7. Est-ce que tous les chevaux sourient ? Oui, tous les chevaux possèdent la capacité physique et instinctive de réaliser la réponse de Flehmen. La fréquence peut cependant varier d’un individu à l’autre en fonction de son sexe, de son tempérament et de son environnement.
8. Comment savoir si mon cheval est vraiment content ? Un cheval content est détendu. Observez des signes subtils : yeux doux, oreilles relâchées sur les côtés, lèvre inférieure pendante, posture générale sans tension et des soupirs de bien-être.
