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Le dicton résonne dans toutes les écuries de France. « Pas de pied, pas de cheval ». Cette vérité traverse les siècles. Elle rappelle une réalité fondamentale. La santé de votre monture repose sur ses quatre sabots. Le soin du pied ne se limite pas au passage du maréchal-ferrant. Il exige une attention quotidienne de votre part. L’application de l’onguent constitue le cœur de ce rituel de soin. Ce n’est pas seulement une question d’esthétique. C’est une véritable démarche de préservation du capital santé de l’animal. Comme un artisan entretient ses outils, le cavalier protège les pieds de son cheval.

Comprendre la nature de la corne

Le sabot est une structure vivante et complexe. Il se compose de protéines, de graisses et surtout d’eau. La corne agit comme une barrière protectrice. Elle doit rester souple pour amortir les chocs. Elle doit aussi être assez dure pour résister à l’abrasion du sol. L’équilibre hydrique du pied est donc crucial. Un pied trop sec devient cassant. Il se fendille et provoque des seimes. Un pied trop humide devient mou. Il favorise le pourrissement de la fourchette. L’onguent intervient pour réguler cet équilibre fragile. Il nourrit la matière en profondeur. Il crée un film protecteur contre les agressions extérieures.

Les différents types d’onguents et leurs usages

Le marché propose une vaste palette de produits. Le cavalier néophyte s’y perd parfois. Chaque couleur correspond pourtant à un besoin précis. Il faut adapter le choix selon la saison et l’état du pied.

L’onguent blond : la lumière de l’été

L’onguent blond reste le grand classique des beaux jours. On l’appelle aussi onguent jaune. Sa composition intègre souvent de l’huile de laurier pure. Il contient aussi de la graisse animale ou de la vaseline. Son rôle principal est l’hydratation. Il pénètre la corne pour lui redonner de l’élasticité. Utilisez-le principalement sur des pieds secs et cassants. Il est idéal en période estivale. Notamment parce qu’il prévient le dessèchement dû à la chaleur et aux sols durs. Il donne aussi un aspect brillant très apprécié en compétition.

L’onguent noir : le bouclier de l’hiver

L’hiver apporte son lot d’humidité et de boue. Le sabot risque alors de se gorger d’eau. Il devient mou et vulnérable aux bactéries. L’onguent noir contient souvent du goudron végétal. Ce composant lui donne sa couleur et son odeur caractéristique. Il possède un fort pouvoir imperméabilisant. Il forme une barrière étanche sur la paroi du sabot. Appliquez-le pour empêcher l’humidité de pénétrer. Il protège aussi la sole contre l’urine dans les box paillés. Attention toutefois à son utilisation en été. Il pourrait attirer la chaleur et dessécher le pied par effet de four.

L’onguent vert : la force du végétal

L’onguent vert gagne en popularité depuis quelques années. Il se distingue par sa composition plus naturelle. On y trouve souvent des huiles végétales variées. L’huile d’olive et l’huile d’avocat sont fréquentes. Certains fabricants y ajoutent des huiles essentielles. L’arbre à thé ou l’eucalyptus apportent leurs vertus assainissantes. Ce soin est très polyvalent. Il nourrit intensément la corne. Il favorise aussi une pousse saine du sabot. Sa texture pénètre rapidement sans laisser de film gras persistant. C’est un excellent choix pour l’entretien courant toute l’année.

Le rituel d’application : gestes et technique

L’efficacité du produit dépend grandement de votre méthode. Une application hâtive sur un pied sale est inutile. Pire, elle peut être néfaste. Elle enferme les bactéries sous une couche de graisse.

La préparation minutieuse du pied

Commencez toujours par un curage complet. Dégagez les lacunes latérales et médianes de la fourchette. Retirez toute trace de terre, de crottin ou de litière. Utilisez ensuite une brosse dure ou un bouchon. Frottez énergiquement la paroi, la sole et la fourchette. Le sabot doit être parfaitement propre et sec. N’appliquez jamais de graisse sur un pied gorgé d’eau. Vous enfermeriez l’humidité à l’intérieur. Cela favoriserait le développement de champignons anaérobies.

L’art du graissage

Munissez-vous d’un pinceau adapté. Prélevez une quantité généreuse de produit. Commencez par appliquer l’onguent sur la sole et la fourchette. Insistez bien sur les glomes à l’arrière du pied. Posez ensuite le pied au sol. Étalez le produit sur toute la paroi extérieure. Partez de la couronne vers le bas du sabot. La couronne est la zone de croissance de la corne. Masser cette zone stimule la circulation sanguine. Cela favorise la pousse d’une corne de bonne qualité.

  • Fréquence recommandée : Deux à trois fois par semaine en entretien normal.
  • Adaptation : Tous les jours pour des pieds très abîmés.
  • Avant la douche : Graissez pour imperméabiliser le pied.
  • Après le travail : Attendez que le pied soit sec avant d’appliquer.

Goudron de Norvège : l’alternative puissante

Il ne faut pas confondre onguent noir et goudron pur. Le goudron de Norvège est un produit très concentré. Il possède des vertus antiseptiques et asséchantes puissantes. Son usage doit rester curatif et ponctuel. Utilisez-le uniquement sur la sole et la fourchette. Ne l’appliquez jamais sur la paroi extérieure du sabot. Il empêcherait la corne de respirer totalement.

Ce produit est miraculeux pour traiter les fourchettes pourries. Il assainit la zone infectée en quelques applications. Appliquez-le au fond des lacunes avec précision. Il agit comme un pansement imperméable. Cessez l’application dès que la fourchette redevient saine. Un usage excessif durcirait trop la corne. Cela la rendrait moins apte à jouer son rôle d’amortisseur.

Huiles et baumes : les nouvelles tendances

L’innovation touche aussi le monde de la maréchalerie. Les huiles pour sabots offrent une alternative intéressante aux graisses solides. Elles sont souvent plus riches en principes actifs. Leur texture fluide permet une pénétration quasi immédiate. Elles ne figent pas en hiver par temps froid. Elles ne fondent pas excessivement en été.

L’huile de foie de morue reste une référence ancienne. Elle est très riche en vitamines. Son odeur peut cependant rebuter certains cavaliers. Les complexes d’huiles végétales la remplacent progressivement. L’huile de laurier reste l’ingrédient roi. Elle assouplit la corne et stimule sa croissance. Ces produits s’appliquent souvent avec un pinceau intégré au bouchon. C’est une solution pratique et propre pour le cavalier pressé.

Fabriquer son propre onguent : retour aux sources

Certains passionnés préfèrent maîtriser la composition de leurs produits. Fabriquer son onguent maison est tout à fait possible. Cela permet de revenir à des ingrédients bruts et nobles. C’est aussi une démarche économique sur le long terme.

Voici une base simple pour un onguent nourrissant :

  • Utilisez du saindoux ou de la graisse végétale comme base.
  • Ajoutez de l’huile de laurier pure pour l’action traitante.
  • Incorporez un peu d’huile de foie de morue.
  • Faites fondre doucement le mélange au bain-marie.
  • Remuez jusqu’à obtenir une texture homogène.
  • Laissez refroidir dans un pot hermétique.

Vous pouvez personnaliser cette recette. Ajoutez quelques gouttes d’huile essentielle de lavande. Elle apaisera les éventuelles inflammations. Ajoutez de l’huile de cade pour un effet antiseptique. Notez toujours la date de fabrication sur le pot. Ces produits sans conservateurs se gardent moins longtemps. Surveillez l’aspect et l’odeur avant chaque utilisation.

Les erreurs fréquentes à éviter absolument

L’entretien des pieds semble simple en apparence. Pourtant, des erreurs commises de bonne foi peuvent nuire au cheval. La première erreur est l’excès de zèle. Un pied sain n’a pas besoin d’être graissé tous les jours. La corne doit respirer naturellement. Un excès de graisse ramollit trop la paroi. Les clous des fers tiennent alors moins bien.

Une autre erreur classique concerne l’hydratation. On pense souvent que la graisse hydrate. C’est faux. La graisse retient l’eau déjà présente. Si le pied est très sec, douchez-le d’abord. Laissez-le s’égoutter quelques instants. Appliquez ensuite l’onguent pour emprisonner cette humidité bénéfique.

Méfiez-vous aussi de la qualité des produits bon marché. Certains contiennent des dérivés de pétrole. Ces substances peuvent assécher la corne à long terme. Privilégiez toujours des compositions à base de graisses animales ou végétales. Lisez attentivement les étiquettes des pots. Votre cheval mérite des ingrédients de qualité.

L’influence de l’alimentation et de l’environnement

L’onguent est un soin externe indispensable. Mais la qualité de la corne vient aussi de l’intérieur. Une alimentation carencée produira toujours une corne fragile. L’apport en biotine est souvent recommandé par les vétérinaires. C’est une vitamine essentielle pour la synthèse de la kératine.

L’environnement de vie joue également un rôle majeur. Un cheval vivant dans un pré boueux aura les pieds mous. Un cheval sur une litière sale aura les fourchettes abîmées. L’onguent ne peut pas compenser une hygiène de vie défaillante. Il vient en complément d’une gestion globale du cheval. Assurez-vous que la litière du box soit propre et sèche. Évitez de laisser votre cheval des heures dans la boue profonde.

Conclusion : un geste d’amour et de respect

L’application de l’onguent dépasse le cadre technique. C’est un moment privilégié entre vous et votre cheval. Vous prenez le temps d’observer chaque détail de son anatomie. Vous repérez la moindre sensibilité ou chaleur anormale. C’est un acte de prévention qui évite bien des soucis locomoteurs.

Choisir le bon produit demande de l’observation. Regardez vivre votre cheval. Touchez ses pieds. Sentez la texture de la corne. Adaptez votre soin à la météo du jour. Soyez un artisan du bien-être équin. Votre cheval vous le rendra par sa performance et son confort. Un pied sain est la promesse de belles reprises de dressage. C’est l’assurance de longues balades en toute sérénité. Ne négligez jamais ce petit pot de graisse au fond de votre sac de pansage.


FAQ : Tout savoir sur l’onguent pour chevaux

Quelle est la différence entre l’onguent vert et l’onguent blond ?

L’onguent blond est surtout hydratant et esthétique. L’onguent vert est plus nourrissant et souvent assainissant. Il contient davantage d’huiles végétales actives.

Puis-je utiliser de l’onguent noir en été ?

Évitez l’onguent noir en plein été. Sa couleur sombre attire la chaleur du soleil. Cela risque de dessécher considérablement la corne.

Faut-il graisser les pieds avant ou après la douche ?

Graissez avant la douche si vous voulez imperméabiliser le pied. Graissez après (sur pied humide) pour sceller l’hydratation à l’intérieur.

À quelle fréquence dois-je appliquer l’onguent ?

Deux à trois fois par semaine suffisent généralement. Adaptez cette fréquence selon l’état des pieds et la météo.

Le goudron de Norvège remplace-t-il l’onguent ?

Non, le goudron est un soin curatif asséchant. Il ne nourrit pas la corne. Il traite seulement le pourrissement de la fourchette.

Peut-on mettre de l’onguent sur la couronne ?

Oui, massez la couronne avec de l’onguent blond ou vert. Cela stimule la circulation sanguine et favorise la pousse.

Combien de temps se conserve un pot d’onguent ?

Un pot bien fermé se conserve environ 12 à 18 mois. Jetez-le si l’odeur devient rance ou si la texture change.

Est-ce que l’onguent tache le matériel ?

Oui, l’onguent est très gras et parfois coloré. Nettoyez vos pinceaux après usage et protégez vos vêtements.