Le licol est la pièce la plus simple de l’équipement, et la plus utilisée. On s’en sert tous les jours pour mener, attacher, panser ou soigner un cheval. Mal choisi ou mal réglé, il blesse ou provoque des accidents. Voici comment choisir le matériau, le régler et l’entretenir.
À quoi sert le licol
Le licol accompagne la domestication du cheval depuis très longtemps. Il permet de contrôler la tête sans mors. On l’utilise pour le pansage, les soins vétérinaires et le transport, avec un anneau d’attache placé sous l’auge. Les selliers ont affiné ses formes pour respecter l’anatomie du cheval, et on trouve aujourd’hui des modèles pour chaque discipline et chaque morphologie.
Ne négligez pas la fabrication. La boucle doit tenir, les coutures doivent résister à une traction brusque et pourtant céder en cas d’urgence. C’est tout le défi d’un bon licol. C’est aussi un outil de communication autant que de contention : il transmet vos indications sur le chanfrein et la nuque, et une main douce et précise en tire beaucoup.
Le cuir, matériau traditionnel
Le licol en cuir vient de la grande tradition de sellerie française. Le cuir s’assouplit au contact de la peau, épouse la tête sans créer de points de pression excessifs, et dure très longtemps si on le graisse régulièrement.
Son meilleur atout reste la sécurité. Si le cheval panique à l’attache, le cuir finit par céder. Cette rupture libère l’animal et lui évite de graves lésions aux cervicales, ce qui le rend idéal pour le transport et les attaches prolongées. Il existe des modèles doublés pour plus de confort sur le chanfrein, et les surpiqûres soignées témoignent du savoir-faire de l’artisan.
Le nylon et les matières synthétiques
Le nylon a changé le marché. Il résiste à tout, se lave à grande eau ou même en machine, existe en toutes les couleurs et coûte peu. Méfiez-vous seulement du tissage : un nylon de mauvaise qualité peut être abrasif pour une peau sensible.
Sa solidité est paradoxalement son défaut en matière de sécurité. Le nylon ne casse presque jamais, même sous une tension extrême. N’en laissez donc jamais un standard à un cheval au pré : il risque de s’accrocher à une branche et de rester piégé. Les fabricants proposent aujourd’hui des modèles avec fusible en cuir ou boucle de sécurité, qui gardent la praticité du synthétique sans sacrifier la sécurité. Un nylon doublé de polaire ou de mesh offre aussi plus de confort.
Le licol éthologique
Le licol en corde, qu’on appelle éthologique, a de plus en plus de succès. Il vient des traditions des cowboys et des chuchoteurs américains. C’est une corde fine et rigide, nouée à des endroits précis qui agissent sur des points de pression de la tête. On le réserve au travail à pied ou à la monte sans mors.
Ce n’est en aucun cas un licol d’écurie ni d’attache. La finesse de la corde le rend sévère si le cheval tire au renard, et vous risquez de graves blessures si vous attachez un cheval avec. Il demande une main légère et une intention claire. Le nœud de fermeture s’apprend, car il garantit la stabilité du licol pendant l’exercice. C’est un instrument de précision pour l’éducation, pas un outil de contention passive.
Régler le licol sur la morphologie du cheval
Un licol mal ajusté perd son efficacité et devient dangereux. La muserolle ne doit pas descendre trop bas sur le chanfrein : elle repose sur l’os nasal, environ deux doigts sous l’apophyse zygomatique. Trop basse, elle risque de comprimer les voies respiratoires. Vous devez pouvoir glisser deux doigts entre le nez et la muserolle.
La sous-gorge empêche le cheval de se défaire de son licol en se frottant. Ne la serrez pas trop : elle doit laisser la déglutition et la flexion libres. Les montants se placent parallèlement aux ganaches. Vérifiez les réglages régulièrement, car le cuir se détend. Un licol trop lâche peut s’accrocher au pied postérieur, un licol trop serré frotte et fait perdre le poil.
Protéger les zones sensibles
La peau de la tête est fine à beaucoup d’endroits. Les frottements répétés peuvent provoquer des dépilations ou des plaies, surtout sur la nuque, le chanfrein et les ganaches. Les licols doublés de mouton, naturel ou synthétique, protègent bien. Le mouton véritable régule la température et absorbe la transpiration, ce qui évite les échauffements pendant les transports ou les longues attentes.
Des fourreaux de protection amovibles transforment un licol standard en licol confort. Entretenez-les : la saleté et la sueur s’y accumulent et finissent par irriter. Brossez-les et lavez-les régulièrement. Des boucleries plates plutôt qu’arrondies limitent aussi les points de pression.
Entretenir son licol
Un licol en cuir demande un peu de soin pour durer. Nettoyez-le au savon glycériné après un usage salissant, et appliquez huile ou baume nourrissant une à deux fois par mois pour éviter dessèchement et craquelures. Profitez-en pour contrôler les coutures et les rivets.
Le synthétique exige moins de soins mais pas aucun. Lavez le nylon à l’eau tiède savonneuse : le sel de la transpiration attaque les fibres et corrode les boucles métalliques, donc rincez soigneusement. Inspectez les œillets de réglage, rouillés ou coupants ils blessent le cheval. Remplacez sans attendre tout ce qui est usé, la sécurité du cheval ne supporte pas les économies.
Un licol pour chaque usage
On ne court pas un marathon en chaussures de ville. De même, chaque activité demande son licol. Au pré, prenez un modèle avec un point de rupture de sécurité : cuir fin ou velcro de sécurité. Pour la présentation en main ou les concours, l’esthétique prime, avec un cuir fin, bombé ou orné de surpiqûres.
Pour le transport, on cherche le confort et la protection : un licol large et bien rembourré protège la tête des chocs contre les parois. Pour le pansage quotidien, un modèle en nylon robuste suffit, et un licol de pansage à mousquetons détachables permet de nettoyer la tête sans le retirer entièrement.
Questions fréquentes sur le licol
Le matériau le plus sûr pour un licol de pré
Le cuir, ou un licol synthétique avec fusible en cuir. Ils cèdent si le cheval s’accroche, ce qui peut lui sauver la vie.
Attacher un cheval avec un licol éthologique
Jamais. La corde fine, très solide, causerait de graves lésions si le cheval tirait au renard.
La bonne taille de licol
Vous devez pouvoir passer deux doigts à plat entre la muserolle et le nez, et la muserolle se place deux doigts sous l’apophyse zygomatique.
Le licol au box
Mieux vaut l’enlever pour éviter tout risque d’accrochage. Le cheval peut aussi se gratter librement et reposer sa tête.
Laver un licol en nylon très sale
En machine à 30 °C, dans un sac de protection. Brossez d’abord les grosses saletés et protégez le tambour des boucles métalliques.
Le licol du poulain
On peut habituer le poulain au licol dès les premiers jours, par séances très courtes pour qu’il ne se braque pas contre l’équipement.
Le licol de présentation
Il se distingue par la finesse de son cuir et ses finitions soignées. On l’utilise pour mettre en valeur la tête du cheval aux concours d’élevage.
Un cheval qui perd ses poils sous le licol
Le licol est probablement trop serré, trop sale ou porté trop longtemps. Nettoyez-le, vérifiez le réglage, ou passez à une protection en mouton.
