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L’équitation exige une recherche perpétuelle de l’harmonie entre le cavalier et sa monture. Le choix de l’embouchure constitue une étape cruciale dans cette quête de communication parfaite. Parmi la vaste panoplie disponible, le mors Baucher occupe une place singulière. Il porte le nom d’un grand maître de l’équitation française du XIXe siècle. François Baucher a marqué l’histoire par sa recherche de la légèreté absolue. Ce mors intrigue souvent les cavaliers de dressage et d’extérieur. Il promet une fixité rassurante pour certains chevaux. Vous découvrirez ici les secrets de cet outil technique. Nous analyserons son action mécanique précise. Vous saurez alors si cette embouchure convient à votre partenaire équin.

L’héritage technique de François Baucher

L’histoire de ce mors remonte à une période faste de l’équitation académique. François Baucher cherchait à obtenir la cession de la mâchoire par la décontraction. Il a conçu des outils pour servir sa méthode exigeante. Le mors qui porte son nom reflète cette philosophie de précision. Il ne s’agit pas d’un mors de force brute. Il invite le cheval à se poser délicatement sur la main. L’objet possède une architecture spécifique reconnaissable au premier coup d’œil.

Vous remarquerez immédiatement ses montants supérieurs caractéristiques. Ces petites branches verticales se fixent aux montants du bridon. L’anneau du bas reçoit les rênes de manière indépendante. Cette séparation crée une géométrie particulière dans la bouche du cheval. Le canon reste ainsi très stable durant le travail. Cette fixité constitue l’atout majeur de cette embouchure historique. Elle évite les mouvements parasites souvent gênants pour les jeunes chevaux. L’outil a traversé les siècles pour arriver dans nos selleries modernes. Il s’adapte aujourd’hui à de nombreuses disciplines équestres.

Anatomie et fonctionnement mécanique du mors

Comprendre la mécanique du mors Baucher demande un sens de l’observation aiguisé. Le canon ne coulisse pas sur des anneaux libres. Il reste suspendu dans la bouche par les branches supérieures. Cette configuration change radicalement la répartition des pressions. Lorsque vous agissez sur les rênes, le mors pivote légèrement.

La question de l’effet de levier

De nombreux cavaliers débattent sur l’action réelle de ce mors. Certains parlent d’un effet abaisseur sur la nuque. La traction des rênes ferait basculer les branches vers l’avant. Cela entraînerait une tension sur les montants du filet. Cette pression inciterait le cheval à baisser la tête. Pourtant, des études récentes nuancent cette théorie populaire. L’action sur la nuque reste en réalité très modérée.

L’effet principal réside davantage dans la remontée du canon. Lors de la tension, le mors peut exercer une pression vers la commissure des lèvres. Il soulage ainsi légèrement les barres et la langue. Cette action diffère totalement de celle d’un mors chantilly classique. Vous devez percevoir cette subtilité pour bien l’utiliser. Le mors Baucher offre avant tout un cadre rigide. Il canalise les chevaux qui jouent trop avec leur embouchure.

La stabilité avant tout

La fixité du mors dans la bouche rassure beaucoup de chevaux. L’anneau ne traverse pas la bouche en cas d’action latérale forte. Le canon reste bien centré sur la langue et les barres. Cette caractéristique aide le cheval à prendre confiance en la main. Il ose venir se tendre sur le mors plus franchement. Vous obtiendrez souvent un contact plus constant et plus moelleux. Cette stabilité permet de préciser vos demandes sans bruit parasite.

À quel profil de cheval ce mors s’adresse-t-il ?

Chaque cheval possède une morphologie buccale et une sensibilité uniques. Le mors Baucher ne convient pas à tous les équidés. Il répond à des problématiques de travail bien spécifiques. Vous devez analyser le comportement de votre monture avant de choisir.

Les chevaux au port de tête instable

Votre cheval remue-t-il la tête sans cesse au travail ? Cherche-t-il à passer la langue par-dessus le mors ? Ces signes trahissent souvent un inconfort ou un manque de repères. Le mors Baucher apporte une solution pertinente dans ces cas précis. Sa position fixe dans la bouche limite les mouvements involontaires du métal. Le cheval trouve un appui franc et immobile. Il cesse souvent de s’agiter pour se concentrer sur l’exercice.

Les chevaux qui s’appuient ou s’enferment

Ce mors possède une action légèrement releveuse selon le montage. Il incite le cheval à redresser son avant-main. Les chevaux ayant tendance à peser trouvent ici une limite confortable. Le mors ne s’écrase pas sur les barres comme un anneau simple. Cependant, soyez vigilant avec les chevaux qui s’encapuchonnent. Une main trop forte pourrait accentuer ce défaut avec ce mors. Il demande une équitation juste et des jambes présentes.

Les bouches sensibles et les blessures

Le mors Baucher préserve les commissures des lèvres. Les anneaux ne pincent pas la peau délicate de cette zone. Il constitue une excellente alternative aux rondelles en caoutchouc. De plus, sa stabilité limite les frottements irritants sur les barres. Certains chevaux blessés aux commissures apprécient grandement ce soulagement. Vous offrez ainsi un confort immédiat à votre compagnon.

Le choix des matériaux et des canons

La forme du mors Baucher se décline en de multiples variantes. Le choix du canon influence considérablement la sévérité de l’embouchure. Vous devez adapter le matériau et la forme à votre cheval.

Les différents alliages disponibles

L’acier inoxydable reste le grand classique de la sellerie. Il offre durabilité, neutralité et facilité d’entretien. Toutefois, certains chevaux préfèrent des matériaux plus chaleureux. Le cuivre favorise la salivation par son goût sucré. Le cyprium ou l’aurigan offrent des avantages similaires sans s’oxyder. La résine ou le caoutchouc conviennent aux bouches très délicates. Attention cependant à l’épaisseur du canon en caoutchouc. Il peut s’avérer trop encombrant pour une petite bouche. Le cuir constitue aussi une option intéressante pour les chevaux allergiques.

Canon droit, brisé ou double brisure ?

La forme du canon modifie les points de pression internes.

  • Le canon droit : Il offre un appui très stable et franc. Il agit sur la langue de manière uniforme. Il convient aux chevaux qui fuient le contact.
  • Le canon à simple brisure : Il agit en casse-noix sur les barres et le palais. Son action peut s’avérer douloureuse si le palais est bas.
  • Le canon à double brisure : Il respecte mieux l’anatomie de la bouche. La partie centrale, ou olive, épouse la forme de la langue. Il évite la pointe de pression sur le palais. C’est souvent le choix le plus ergonomique pour débuter.

Vous trouverez aussi des canons torsadés ou à rouleaux. Réservez ces modèles plus sévères à des cas très particuliers. La recherche de la simplicité paie souvent davantage sur le long terme.

Bien régler son mors Baucher

Un mauvais réglage annule tous les bénéfices de cette embouchure. Vous devez prêter une attention particulière à l’ajustement des montants. Le mors Baucher se place un peu différemment d’un filet simple.

La hauteur dans la bouche

Le mors doit venir au contact de la commissure des lèvres. Il ne doit pas créer de pli trop marqué. Cependant, il ne doit pas non plus pendre trop bas. S’il est trop bas, il viendra taper contre les incisives. Les branches supérieures du Baucher remontent le long de la tête. Assurez-vous qu’elles ne gênent pas l’apophyse zygomatique. Les boucles des montants doivent se situer à la bonne hauteur.

La taille du mors

Choisissez la taille avec la plus grande précision. Un mors trop petit pincera les lèvres de votre cheval. Un mors trop grand perdra sa précieuse stabilité latérale. Les branches du Baucher doivent encadrer le nez sans le comprimer. Prévoyez un espace de quelques millimètres de chaque côté. Mesurez la bouche de votre cheval avant tout achat. N’hésitez pas à louer un mors pour tester la taille.

Utilisation et main du cavalier

Le mors Baucher ne fait pas de miracles seul. Il requiert une main éduquée et sensible. Son action amplifie légèrement vos demandes.

La nécessité d’une main fixe

La stabilité du mors invite le cavalier à fixer sa main. Vous devez accompagner le mouvement de l’encolure avec souplesse. Des actions de main brutales ou saccadées surprendront le cheval. La connexion directe avec la branche supérieure transmet l’information rapidement. Vous devez donc doser vos actions avec tact. Cherchez toujours le contact le plus léger possible.

L’importance de l’impulsion

Ce mors peut inciter certains chevaux à ralentir ou se retenir. Vous devez conserver une activité constante des postérieurs. L’impulsion garantit que le cheval vient se poser sur le mors. Sans impulsion, le cheval risque de lâcher le contact ou de s’enfermer. Utilisez vos jambes pour maintenir le mouvement en avant. Le mors Baucher canalise l’énergie, il ne doit pas l’éteindre.

Comparaison avec d’autres embouchures populaires

Il est utile de situer le Baucher par rapport à ses concurrents. Cela vous aidera à valider votre choix technique.

  • Le mors à olives : Il ressemble au Baucher par sa fixité latérale. Cependant, il ne possède pas les branches supérieures. Il n’offre donc pas la même suspension dans la bouche. Le Baucher est plus stable verticalement.
  • Le mors de Verdun : Il offre un encadrement latéral très puissant. Ses branches en forme de D guident le cheval. Le Baucher encadre moins latéralement mais stabilise mieux verticalement.
  • Le mors Pelham : C’est un véritable mors à effet de levier. Il utilise une gourmette pour faire pression sur la mâchoire. Le Baucher n’a pas de gourmette et reste beaucoup plus doux. Le Pelham demande une expertise bien supérieure.

L’entretien de votre matériel

Prendre soin de son mors prolonge sa durée de vie. Cela garantit aussi l’hygiène buccale de votre cheval. Nettoyez le mors après chaque utilisation à l’eau claire. Retirez tous les résidus de nourriture ou de salive séchée. Vérifiez régulièrement l’état des canons.

Une aspérité sur le métal pourrait blesser la bouche. Si vous utilisez un mors en résine, surveillez les traces de dents. Remplacez le mors dès qu’il présente des signes d’usure tranchants. Stockez votre bridon dans un endroit sec et tempéré. L’humidité pourrait oxyder certains alliages spécifiques comme le fer doux.

En résumé pour le cavalier moderne

Le mors Baucher représente un outil de précision formidable. Il offre stabilité, confort et légèreté aux chevaux bien dressés. De ce fait, ce mors peut aider les jeunes chevaux à trouver leur place. Il soulage les bouches sensibles aux frottements. Cependant, il ne remplace jamais le travail de fond. La musculation du dos et l’engagement des postérieurs priment toujours.

Considérez ce mors comme une aide ponctuelle ou permanente selon le besoin. Écoutez les réactions de votre cheval lors des premières séances. Il vous dira rapidement s’il apprécie ce nouveau confort. Soyez patient et rigoureux dans vos essais. L’équitation reste une école d’humilité et de ressenti. Le mors Baucher sera peut-être la clé de votre progression future.


FAQ : Tout savoir sur le mors Baucher

Le mors Baucher est-il considéré comme un mors sévère ?

Non, les experts le classent parmi les mors intermédiaires voire doux. Son action dépend totalement de la main du cavalier et du canon choisi. Il est plus doux qu’un Pelham mais plus technique qu’un filet simple.

Puis-je utiliser un mors Baucher en compétition de dressage ?

Oui, le règlement de la FFE et de la FEI autorise ce mors. Vous pouvez l’utiliser dans la plupart des épreuves amateurs et clubs. Vérifiez toujours le règlement à jour de votre discipline spécifique.

Quelle est la différence entre un mors Baucher et un mors à aiguilles ?

Le mors à aiguilles encadre le cheval latéralement pour aider la direction. Le mors Baucher stabilise le mors verticalement et favorise la cession de nuque. Leurs objectifs techniques sont donc très différents.

Faut-il utiliser une gourmette avec un mors Baucher ?

Non, le mors Baucher ne s’utilise jamais avec une gourmette. Il ne possède d’ailleurs pas de crochets pour en fixer une. Ajouter une gourmette modifierait dangereusement son action mécanique.

Encore à savoir sur le mors Baucher

Le mors Baucher convient-il pour le saut d’obstacles ?

Oui, de nombreux cavaliers l’utilisent en CSO pour sa précision. Il permet de redresser le cheval entre les obstacles. Il offre un meilleur contrôle qu’un filet simple sur des parcours techniques.

Comment savoir si le mors est monté dans le bon sens ?

Les petites branches (les montants) doivent pointer vers le haut. L’anneau rond pour les rênes doit se trouver vers le bas. Le mors doit former un léger V inversé lorsqu’il est à plat.

Ce mors a-t-il un effet abaisseur ou releveur ?

C’est un sujet complexe, mais il agit plutôt comme un léger releveur. Il incite le cheval à remonter son garrot et soutenir son avant-main. L’effet abaisseur de nuque reste minime par rapport à d’autres embouchures.

Peut-on utiliser des alliances avec un mors Baucher ?

Non, l’usage d’alliances n’a aucune utilité sur ce type de mors. Il ne possède qu’un seul anneau pour fixer les rênes. Les alliances servent uniquement pour les mors à plusieurs anneaux ou leviers.